30.04.2007

ALLER AU DELA DU BLAME ET DE L'ELOGE

Les centristes dont nous sommes ne peuvent que se réjouir du simple fait que Ségolène Royal et François Bayrou ont pu débattre samedi matin en public et que leur dialogue nous ait été retransmis par la petite chaine BFM.

La dérobade des médias publics et des médias les plus en vue n'en est que plus choquante. Mais tant pis pour eux, le plat ne repasse pas deux fois.

Cependant, cette campagne électorale battra les records de l'exagération.

D'une part, au premier tour, dans une surenchère constante du verbalisme et de la démagogie, les candidats jumeaux Sarkozy et Royal ont allègrement - au moins en pensée - plumé la poule aux oeufs d'or, soldant à peu de frais les virtuelles marchandises de leur magasin à promesse.

François Bayrou ne nous promit certes ni le sang, ni les larmes, mais eut le mérite de nous faire entrevoir que les promesses achoppaient sur l'obstacle de la dette publique.

D'autre part, il a suffi que Nicolas Sarkozy s'en prenne à l'héritage de Mai 1968 qu'il faudrait liquider pour entraîner dans le camp de la gauche une réaction tout aussi idéologique en sens inverse.

Daniel Cohn-Bendit, de grâce, Sarkozy est tout ce que l'on veut sauf un bolchevik !

Ségolène Royal, même si c'est gênant pour la doxa féministe du PS, nous devons vous rappeler que ce n'est pas grâce à mai 1968 que les femmes doivent la libéralisation de la pilule, mais à une loi votée en 1967, la loi Neuwirth,  du nom du député gaulliste qui la fit adopter.

Quant aux accords de Grenelle, ce serait assez malhonnête de s'en approprier l'origine, pour la gauche qui les a boudés alors que des syndicats représentatifs avaient compris qu'il y avait plus à y gagner qu'à perdre d'accepter la négociation proposée par le premier ministre Georges Pompidou et menée au nom du gouvernement par Jacques Chirac, un jeune secrétaire d'Etat qui y gagna ses premiers galons d'homme politique avec qui il faudrait dorénavant compter.

Enfin, Gérard Aschieri, cher collègue de la FSU, vous rendez vous compte que présenter "l'Ecole de Jules Ferry comme une école de tri social" est extrêmement blessant pour ceux qui en sont issus et qui lui doivent leur promotion sociale? Vous êtes agrégé de lettres classiques, vous êtes le pur produit de cette élite républicaine sélectionnée sur ce système le moins injuste qui soit que sont les concours. Vous avez eu la chance de bénéficier de ce système de formation, qui faisait que l'humble paysan des campagnes fussent-elles les plus arriérées ou des banlieues fussent-elles les plus pauvres pouvait offrir à d'autres que ceux dont le seul effort fut de venir au monde une instruction de qualité. Par égard pour vos maîtres, cessez de vous répandre en critiques mensongères contre l'école de Jules Ferry. Si imparfaite qu'ait pu être notre commune mère à tous, elle n'en est pas moins notre mère. Il ne s'agit pas de l'idolâtrer, mais cela ne nous autorise point à la vilipender, surtout que l'école d'aujourd'hui n'est guère capable d'offrir à tous aujourd'hui les mêmes chances qu'autrefois à cause de ce pernicieux système qui vous assigne scolairement à résidence et qui en compensation n'offre même plus ce qu'il offrait autrefois.

Monsieur Meirieu, je n'aurai qu'un conseil à vous donner, taisez-vous. Vous finissez votre siècle et laissez-nous commencer le nôtre. Les responsabilités qu'avec tant de plumitifs parmi les séides et les zélateurs des sciences de l'éducation vous avez prises dans la déliquescence du système scolaire vous disqualifient durablement pour que vous puissiez vous croire permis d'endosser l'habit du donneur de leçon. Interrogez vous donc plutôt face au miroir - que je souhaite sans complaisance - de votre conscience pour vous demander pourquoi aujourd'hui l'autorité du savoir, celle que les maîtres reçurent de ceux qui les instruisirent, devrait être bafouée par des gamins et des gamines à qui n'a pas été inculquée ne serait-ce que la conscience de la distinction des générations. Arrêtez de voir dans mai 1968 la genèse de la démocratie quand tout le monde sait que les Athéniens sur la Pnyx la vivaient mieux que nous.

Vous tous qui faites avec un zèle indiscret l'apologie de mai 1968, le résultat le plus sûr que vous obtiendrez est que vous offrez une foison de suffrages à Nicolas Sarkozy. Pour ceux qui envisagent le vote blanc, ce sera peut-être l'argument qui leur fera apporter leur suffrage au candidat de l'UMP. A ceux qui pouvaient éventuellement envisager de porter - non sans réluctance - leur suffrage sur le nom de Ségolène Royal, vous donnez d'excellentes raisons de voter blanc. Pour ceux qui s'étaient résolus à voter Nicolas Sarkozy, avec beaucoup de réticence, l'éloge scandaleux et passéiste de mai 1968 à laquelle se livre la gauche constituera l'élément suffisant pour transformer en vote d'adhésion un simple vote de raison.

Nos générations de quadragénaires, et de trentenaires ont un droit d'inventaire sur celle de mai 1968 et entendent le faire valoir sans arrière-pensée ni aveuglement idéologique.

Quant à vos petits-enfants, ne vous étonnez pas s'ils vous reprochent la contradiction certaine qui peut exister entre faire l'apologie de mai 1968 et succomber sans résistances aux charmes et aux maléfices de la candidate qui se veut l'incarnation de je ne sais quel "ordre juste".

Hommes et femmes de gauche, si vous voulez vraiment l'élection de Ségolène Royal, défendez-la autrement qu'en vous faisant les pitoyables apologistes de mai 1968.

 

12.02.2007

Nicolas et Ségolène

Voici une petite séquence en chanson:

"Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur" (Beaumarchais)

10.02.2007

Qui est Nicolas Sarkozy?

Mes précédents courriers se sont surtout attachés à démasquer l'imposture que constitue Ségolène Royal...

Mais cela ne signifie pas pour autant que j'idolâtre Sarkozy.

Pas plus que les incantations de Ségolène sur l'ordre juste, les familles au carré, l'encadrement militaire des jeunes délinquants la société sécuritaire que nous propos Sarkozy n'est pas la solution miracle aux maux de la France.


Le Vrai Sarkozy
envoyé par reso69

Alors, le discours des deux faces de ce duo, de cette chimère bipolaire que constitue le couple gémellaire Sarko Ségo, c'est bien la même chose.

Ségolène méprise le peuple, puisque le 19ème arrondissement n'est pas fréquentable pour ses enfants. C'est tout autant une marque de stigmatisation que quand le ministre de l'intérieur parle de nettoyer les banlieues au Karcher.

Des deux côtés, c'est une même démagogie populiste, qui sert de masque à la bourgeoisie pour racoler les voix dans les banlieues et les quartiers.

 

Face à ce duo, un seul candidat crédible, François Bayrou.