19.10.2007
A PROPOS D'UNE SEPARATION
La nouvelle du divorce de Nicolas Sarkozy et de Cécilia Ciganer-Albeniz met un terme à une suite de "folles journées" où rumeurs, démentis, et scoops se sont succédés à une vitesse étourdissante.
Vie privée, vie publique? L'on pourrait penser que la vie privée du Chef de l'Etat n'est pas un sujet d'intérêt. Mais il est Chef de l'Etat, et pas Monsieur Tout le Monde.
L'on a même vu disserter de doctes juristes pour savoir si la définition de l'immunité présidentielle s'appliquait à la procédure de divorce du Président de la République. L'on n'est pas cependant allé jusqu'à évoquer que le juge aux affaires familiales ait pu avoir l'idée de rendre un déclinatoire de compétence.
C'est que c'est le premier président de la République à divorcer dans l'exercice de ses fonctions. Alors, ça fait un précédent. Jadis, l'on parlait de répudiation, comme ce fut le cas lorsque Napoléon Ier se sépara de Joséphine de Beauharnais au motif que celle-ci était stérile. Etait en jeu alors le principe dynastique, mais il n'en demeure pas moins que Napoléon Ier divorça pour pouvoir épouser la fille de l'empereur d'Autriche.
Depuis, point de cas d'école en matière de droit de la famille à se mettre sous la dent.
Alors, il y a un côté un peu inédit à ce que l'hôte de l'élysée exerce ses fonctions sans première dame. Assurément, après avoir vu les épouses des présidents tenir leur rôle tantôt effacé, tantôt plus visible, Cécilia Sarkozy donnait l'image d'une première dame atypique.
Cependant, à partir du moment où la vie conjugale du candidat puis du chef de l'Etat devenait un élément de la communication politique, ce n'était plus tout à fait une question de vie privée.
L'on remarquera le parallèle saisissant avec Ségolène Royal qui entretint durant toute la campagne un certain mystère sur la continuité de son concubinage avec François Hollande, ce qui se doublait du refus de répondre à la question de savoir si elle le nommerait ministre, alors que de toute évidence la France avait droit à cette explication.
Dans les deux cas, le simulacre fut entretenu de la continuité d'un lien rompu dès avant les élections. Lorsque l'hypocrisie s'installe, c'est le corps électoral que l'on prend pour des imbéciles.
C'est laisser croire au peuple qu'on le prend pour étroit d'esprit, au point de penser qu'il n'est pas prêt à accepter que le candidat à la magistrature suprême ne conforme pas sa vie privée au modèle de la famille traditionnelle.
Or, entretenir le simulacre n'aide pas à l'évolution des mentalités, alors que la question du choix de vie du président ne devrait pas se poser.
Alors, si vraiment avoir un président divorcé posait tant de problèmes, ou une présidente séparée de son compagnon, il y avait sur ce sujet comme d'autres une autre voie.
Avec François Bayrou à l'Elysée, nous n'aurions pas eu de psychodrame matrimonial, parce qu'il n'y avait pas eu de mise en scène politique de l'intimité familiale.
Si après tout, le modèle du parfait président, c'était celui dont la vie de famille est "rangée", il fallait réfléchir à deux fois avant de configurer le second tour comme on l'a vu.
Parce qu'en matière de mélange des genres entre sphère publique, et sphère privée, utilisation de la dissimulation comme argument électoral, Ségolène Royal ne s'est pas comportée autrement que comme l'ex couple Sarkozy.
Cela disqualifie les socialistes d'avoir la sotte prétention sur ce sujet comme d'autres de s'ériger en donneurs de leçons.
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31.08.2007
De la politique judiciaire du gouvernement Sarkozy
L'actualité récente a mis en exergue à propos de trois événements les contradictions de nos gouvernants en matière de justice et de sécurité publique.
Courant Août s'est déroulée l'affaire du petit Enis, ce garçonnet enlevé lors de la braderie de Tourcoing par un pédophile récemment sorti de prison et pourtant soumis à de strictes obligations de contrôles de ses allées et venues.
L'opportune utilisation du plan alerte enlèvement a permis de retrouver rapidement l'enfant vivant, et il faut s'en féliciter.
Les violences sexuelles qu'il a subies sont révoltantes et la souffrance de cet enfant et de sa famille mérite tout notre respect et notre compassion.
Cependant, l'exploitation médiatique qui a suivi cette affaire pose question:
- les rodomontades présidentielles sur la nécessité d'une nouvelle loi sur la récidive en matière de viol aggravé tiennent de l'effet d'annonce plus qu'autre chose.
- le moins que l'on puisse dire est qu'en la matière la justice française est l'une des plus sévères. En matière de viols sur mineurs de moins de 15 ans avec récidive, la peine encourue est la perpétuité. Soit la même que celle qui punit le meurtre. On ne peut donc accuser le code pénal actuel de faiblesse.
- les interrogations sur le devenir des violeurs d'enfants à leur sortie de prison s'expliquent par l'émotion, mais les solutions préconisées ici ou là sont dangereuses pour les libertés de tous. Même si c'est difficile à admettre, un criminel sorti de prison a payé sa dette et lorsqu'une peine est purgée, est-il besoin de rajouter une double peine exactement comme c'était le cas avec le passeport des bagnards qui faisait de ceux qui en étaient lotis des parias à tout jamais?
La seule réponse qui vaille, c'est d'abord de donner à la justice les moyens d'appliquer avec discernement les lois actuelles et de mettre en place un suivi socio-judiciaire digne de ce nom. Cela suppose en effet des moyens pour que juges d'application des peines, éducateurs, médecins-relais, force de l'ordre chargé de vérifier l'accomplissement des obligations de signalement de déplacement ou de déménagement des condamnés visés par ces mesures, puissent efficacement accomplir le travail que la société leur enjoint.
Je citerai l'exemple du procès d'Angers tenu devant la cour d'assises de cette ville en 2005, et dont certains accusés furent rejugés en appel à Nantes courant 2007. Tout a été dit sur ce procès, dont l'une des attentes en haut lieu était de redorer le blason de l'institution après le scandale d'Outreau. Nul n'ignore que des peine très lourdes ont frappé les coupables les plus impliqués (jusqu'à 28 ans de réclusion criminelle assorti de période de sûreté des 2/3, et suivi socio-judiciaire allant parfois jusqu'à vingt ans). La justice a-t-elle les moyens d'assurer sur une aussi longue durée les mesures de suivi socio-judiciaire? Une chose est de prévoir dans la loi, une autre est de se donner les moyens d'une application effective, et efficace. Que se passera-t-il, lorsque par le jeu normal des remises de peine, les condamnés sortiront de prison?
Enfin, le courage politique consisterait à dire que le risque zéro n'existe pas. Cela vaut aussi bien pour le président Sarkozy que pour son ex-rivale Ségolène Royal qui en matière judiciaire et sécuritaire aurait fait exactement pareil parce que tous deux sont les produits d'un système du primat de l'émotion sur la raison.
Le second fait que je voulais évoquer est la question des non-lieux psychiatriques. Quel que soit l'émotion suscitée par des crimes horribles, quel que soit le respect dû aux familles des victimes, il faut rappeler ce principe fondateur du droit pénal selon lequel on ne saurait juger les fous et les irresponsables.
Qu'apporterait un procès d'assises qui ne pourrait pas prononcer de peine? Rien. Par contre, l'on peut très bien imaginer que lors d'une audience publique devant les magistrats qui composent ordinairement la cour d'assises, les parties prenantes exposent leurs conclusions, que les experts viennent s'expliquer en une langue compréhensible du profane, et que la partie civile, si elle s'estime lésée par la décision de non lieu puisse comme c'est actuellement le cas faire appel devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel et obtenir le regard d'un autre collège d'experts à la compétence incontestable.
Juger les fous reviendrait à souscrire à une régression sans précédent de notre droit. Le danger de la mode compassionnelle et de l'idéologie victimaire est justement de cautionner même involontairement de terribles régressions humanistes.
Disons simplement que lorsque l'on commence à déroger aux principes qui constituent le socle fondateur de notre droit pénal, on s'autorise toute transgression par la suite.
Lorsque le président de la république, garant de par la constitution de l'indépendance de la justice, se prononce si explicitement sur un point précis du droit pénal concomittamment à une affaire précise, l'on peut parler d'immixtion dans le fonctionnement de la justice et d'entrave à la séparation des pouvoirs.
C'est au nom de ce même principe constitutionnel fondateur, que n'importe quel étudiant en droit en première année de licence apprend, que l'on s'étonne de ce qu'un magistrat du parquet soit convoqué à la chancellerie, suite à la relation par la presse de propos tenus lors de ses réquisitions. Nous ne voulons pas croire que Madame la Garde des Sceaux ait oublié cet adage du droit pénal qui dit que la plume est serve et la parole libre. En le cas d'espèce, si le jugement rendu par le tribunal n'apparaissait pas le plus idoine au parquet, le procureur près le TGI pouvait très bien faire appel, s'il estime que la peine prononcé est trop légère et que les motivations quant au refus d'appliquer les dispositions nouvelles sur la récidive peuvent être contestées. Voilà le fonctionnement normal.
Gérer un pays, une administration, c'est d'abord faire confiance à ceux qui par leurs fonctions en ont la charge, et qui ont besoin de sérénité pour travailler. Il est très bien dans une démocratie que la justice soit rendue publiquement, il est normal que la presse joue son rôle d'information, mais il serait malsain que cette publicité soit détournée de son objet qui est précisément d'assurer le respect des droits fondamentaux des personnes, au profit d'une politique malsaine de chasse aux sorcières.
13:30 Publié dans sarcasmes aigres doux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Rachida Dati, Ségolène Royal, récidive, peine plancher
27.08.2007
Propos de rentrée
Après ce silence estival pour cause d'évasion en des lieux ne disposant pas de connexion internet, je me décide à reprendre la plume pour quelques propos acides:
La presse bien-pensante de la gauche du même nom ne nous a pas épargnés cet été. Pouvait-on faire mieux en matière d'ignominies. Loin de se réjouir de la libération des infirmières bulgares condamnées à mort pour avoir été accusées d'avoir inoculé le virus du SIDA à des enfants libyens qui l'ont en réalité contracté dans des hôpitaux dont l'hygiène aléatoire ne les mettait pas à l'abri d'une contamination certaine, voilà que la gauche qui une fois de plus oublie que son arrogance lui a coûté trois fois de suite la présidence de la république s'en prend aux conditions dans lesquelles ces infirmières ont été libérées allant jusqu'à suspecter le rôle de Cécilia Sarkozy dans cette transaction. Or il s'agit d'innocentes condamnés à mort. Et cela on l'oublie, tellement c'est plus grisant, faute d'accepter le verdict des urnes et d'examiner avec honnêteté et sans complaisance les vraies raisons de la défaite, de suspecter la moindre initiative présidentielle et de jeter l'opprobre sur ses résultats.
La libération des infirmières devrait au contraire inciter à une joie sans mélange. De celle-ci, pas un écho. Les familles d'icelles apprécieront. Cela dit, avec une gauche qui fait l'éloge de la justice chinoise et de la rapidité avec laquelle elle expédie dans l'autre monde les coquins qui en infestent la surface, il eût été peut-être plus vertueux que ces infirmières subissent le martyre. A côté de cela, les rodomontades pseudo constitutionnelles sur l'opportunité ou non pour Cécilia Sarkozy de venir s'expliquer devant la commission des affaires étrangères du parlement sont de bien petites arguties. La libération des infirmières est l'épilogue heureux de ce qui fut au départ une tragédie, et si la France peut s'énorgueillir d'être pour si peu que ce soit dans cet heureux dénouement, il n'y a pas à en bouder la fierté. Si cette libération constistuait l'un des préalables au dégel des relations avec la Libye, pourquoi s'en plaindre?
Sur un autre sujet, voici un élément qui devrait inciter les députés de gauche à y réfléchir à deux fois avant de déférer les lois au conseil constitutionnel. Comme chacun le sait, les sages ont censuré la disposition qui instituait à titre rétroactif la déductibilité des intérêts des emprunts immobiliers. Tout a été dit et son contraire sur ce sujet. Que cette disposition fût dangereuse en l'état actuel pour les finances publiques ne revient pas à dire qu'elle est pernicieuse en soi. Une fois de plus, les députés socialistes oublient les classes moyennes, et plus particulièrement les moins fortunés de ses représentants pour qui la constitution d'un patrimoine immobilier pendant la vie active est un rempart contre la diminution des revenus à l'âge de la retraite. De plus, un tel dispositif existait déjà par le passé, dans les années 75 me semble-t-il, et il doit bien y avoir quelques députés de gauche signataires du recours en inconstitutionnalité à en avoir bénéficié. C'est trop facile une fois qu'on a constitué son patrimoine de venir donner des leçons. Et cela n'est pas moral non plus. Que l'on aille pas dire que ce faisant en critiquant les mesures fiscales on défende la justice sociale.
En lieu de tout cela, et alors que en remontant jusqu'à l'année n- 5, la déductibilité permettait de tenir compte du surcroît d'endettement des ménages qui ont acheté alors que le marché immobilier remontait en flèche, que nous prépare-t-on, une déduction plus importante pour ceux qui auront acheté après la promulgation de la loi. Où est la justice sociale dont se prévalent ses beaux messieurs et ses belles dames de la gauche bien pensante, celle qui lorsque c'était son temps a bien su profiter de l'abondance et qui ne comprend pas que les plus jeunes aujourd'hui, dans un contexte nettement moins favorables puissent récupérer quelques miettes du gâteau.
Nous l'avons assez dit pendant la campagne électorale, la gauche porte une écrasante responsabilité dans la victoire de Nicolas Sarkozy, par le simple fait d'avoir présenté une candidate de l'illusion et du cynisme particulier que confère l'ignorance.
Les puissances de l'argent et des médias, où l'intimité entre gauche caviar et droite d'affaires est ce qu'elle est, ont fabriqué l'illusion que Ségolène Royal pouvait battre Sarkozy. Cette illusion était le seul ingrédient pour imposer sa désignation, et l'on a vu ce que cela donnait. Et la gauche a préféré la fuite en avant dans la politique du pire. Le bruit médiatique autour du supposé impératif démocratique qui voulait que le second tour opposât forcément Sarkozy et Royal a fait le reste.
Cependant la différence entre le centre et la gauche est que l'on ne va pas chercher dans son propre parti les traîtres et les félons. La différence entre le centre et la droite est que que l'on ne fait pas l'ouverture sans l'avoir dit au préalable.
Nicolas Sarkozy est président jusqu'en 2012, et il est malhonnête après avoir joué à quitte ou double d'agiter maintenant l'épouvantail ou de jouer les prophètes de malheur.
Seul un travail au quotidien dans les quartiers et les villes pourra, par le biais des élections locales, constituer le maillage d'élus locaux qui le moment venu participeront à la rénovation de la représentation nationale.
12:40 Publié dans La Campagne au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Royal, Droite, Gauche, Centre, UDF, Modem
08.07.2007
LA LOI JUDICIAIRE OU LA MARCHE FORCEE VERS LE POPULISME PUNITIF
A n'en pas douter l'élection de Nicolas Sarkozy est la traduction d'une rupture dans la philosophie juridique et pénitentiaire.
En 1974, Valéry Giscard d'Estaing dont on a trop souvent brocardé la morgue hautaine avait fait scandale en serrant la main d'un détenu à la prison Saint-Paul de Lyon. En 1981, François Mitterrand abolissait la peine de mort, et il est à peu près certain que sans sa décision courageuse, suivie en cela par la détermination du Parlement, le chatiment suprême serait peut-être encore aujourd'hui inscrit dans le code pénal. Et étant donné le climat ambiant qui est loin d'être le laxisme que d'aucuns par réflexe populiste prêtent aux magistrats, il ne fait pas de doute qu'elle serait prononcée, quand bien même elle ne serait pas requise. Il suffit de relire les revues de presse consacrées aux affaires les plus médiatisées.
Il y a trente ans, il y a vingt-cinq ans un président de la république pouvait se permettre de brusquer l'opinion publique. Aujourd'hui le fait même qu'il y pensât serait imputé à crime de lèse-majesté politiquement correcte.
En 2007, Ségolène Royal en déplacement à Nantes pour cause de campagne électorale exploite un odieux fait divers et Nicolas Sarkozy sitôt élu reçoit des parents de victime. L'exploitation de tels crimes à des fins électoralistes est indigne.
Si la nécessité de punir au nom du peuple français est un devoir d'Etat démocratique, la compassion victimaire marque une régression dans la philosophie pénaliste. Le chatiment des coupables n'est plus tant considéré comme un moment certes souvent cahoteux vers leur réintégration dans le monde des hommes libres, mais comme une dissuasion vis-à-vis de potentiels coupables et comme une satisfaction d'instincts vengeurs.
On se croirait en plein 19ème siècle où ont fleuri les dispositifs les plus répressifs: application zélée de la peine de mort, déportation, emprisonnement quasi systématique, maison de correction, avec la croyance fort répandue que porteur de multiples tares le coupable est inamendable.
En face, des humanistes comme Victor Hugo prêchaient dans le désert.
Ce ne fut qu'au prix d'un patient travail de conviction des humanistes que l'on put élaborer à la sortie de la deuxième guerre mondiale l'ordonnance sur la protection judiciaire de la jeunesse, qui constitue - pour combien de temps encore - le socle de la politique pénale vis-à-vis de l'enfance délinquante.
Est-elle laxiste. Certes non. Exclut-elle que lorsque la nécessité de l'ordre public paraît l'imposer de châtier le mineur à l'instar du majeur. Non plus. En effet, le tribunal pour enfants, la cour d'assises des mineurs peuvent par délibération spéciale exclure l'accusé du bénéfice de l'excuse de minorité. La possibilité existe donc. Certes son application est rarissime.
A l'heure où l'assemblée nationale, à la suite du Sénat, s'apprête à débattre du projet de loi défendue par la Garde des Sceaux, nos députés seraient bien inspirés de se souvenir des principes généreux de leurs aînés de 1981.
Ceux-ci, malgré une opinion publique défavorable, abolirent pourtant la peine de mort. Il fallut pour cela le courage de François Mitterrand qui ne disait pas que ses idées seraient celles du peuple, il fallut la ténacité d'un Robert Badinter pour défendre le projet de loi dès la session supplémentaire de septembre. En effet, au cours du troisième trimestre, les cours d'assises, sachant que de toute façon François Mitterrand grâcierait les condamnés, n'éprouvaient plus de réticence à la prononcer, révélant ainsi publiquement le peu d'exemplarité d'une peine dont ils savaient que manifestement elle ne serait pas appliquée.
Le populisme est un venin nocif pour la démocratie. Surfer dans le sens de l'opinion n'est pas le meilleur service à rendre au peuple, qui serait tenté de toujours demander plus, entraînant le Prince dans une surenchère dangereuse.
Tel est le risque auquel s'expose l'actuel Président. Il eût été le même si sa rivale avait été élue, car, il eût bien fallu qu'elle aborde le terrain du concret s'agissant de l'ordre juste, et quand on sait qu'en la matière, le modèle, c'est Tony Blair, ça voulait peut-être dire abaissement de la responsabilité pénale des mineurs à 10 ans. Quand on a entendu les ahurissantes déclarations sur la célérité de la justice chinoise, et quand on réfléchit un tant soit peu, cela en dit long sur la philosophie judiciaire de l'ex candidate. Mais il est vrai qu'en Chine on applique sans parcimonie la peine de mort et les droits de la défense sont bien minces, quand ils existent. Tel est le modèle que Ségolène Royal aurait peut-être proposé à la France.
Nous exagérons peut-être. Certes. Mais Sarkozy tout comme Royal sont les purs produits d'une philosophie qui n'a rien d'humaniste. C'est d'autant plus paradoxal que tous deux sont avocats de profession. Mais ils n'ont certainement jamais vu de près le quotidien de la délinquance tel qu'il se vit dans les audiences de comparution immédiate, ni approché le tréfonds de la misère humaine tel qu'il se donne à voir dans les procès les plus sordides des cours d'assises où quand on fait l'effort de se mettre à la place des jurés on se dit que l'on juge des hommes, quel qu'ait pu être leur crime, même si cédant à l'instinct vindicatif ce serait tellement plus confortable de n'y voir que des monstres. Sans doute aussi ne voient-ils les victimes qu'à travers le prisme médiatique ou l'intérêt politicien. Il faut avoir au moins avoir suivi de A à Z un procès d'assise pour comprendre que ce n'est pas en enfermant les victimes dans leur statut de victime qu'on les aide à se reconstruire. Il est d'ailleurs illusoire de croire que le procès pénal soit une thérapie pour les victimes, plus exactement pour les parties civiles. Les enjeux en sont tout simplement autres, car ce sont des valeurs collectives et sociales qui sont en jeu.
Ainsi, aborder les questions pénales sous l'angle émotionnel qu'implique toujours la prise en compte univoque du point de vue de la victime conduit presque toujours à l'impasse. La peine la plus sévère, quand bien même elle serait la loi du talion, ne redonne pas vie à des morts.
Beaucoup reste à faire pour irriguer d'humanisme l'opinion publique. Comme la fille du même nom, elle fait sortir la justice du prétoire quand elle y rentre, et elle tire le juge par la manche.
L'angélisme et le tout-répressif ne sont pas des réponses adaptées. La gauche doit tourner le dos résolument à des décennies de culture de l'excuse. La droite ne doit pas oublier que le libéralisme c'est d'abord la foi en la liberté et en la responsabilité. Cela ne peut s'accommoder de l'automaticité des peines.
En ce sujet comme en d'autres, le centre a son mot à dire. La politique sécuritaire (j'emploie ce mot, que je n'aime pas) ne doit pas être laissée en jachère. Ni le blairisme ségolinien ni le durcissement néoconservateur américain ne sont des solutions conformes au génie français.
Est-ce en supprimant 17000 emplois de professeurs que l'on fera de l'enseignement de qualité? Ceci est à bien réfléchir. Car faute d'enseignants qualifiés en nombre suffisant, l'oubli aujourd'hui des écoles risque de conduire demain à la multiplication des prisons et centres d'enfermement pour mineurs. Faute d'une ouverture suffisante des lieux de culture, est-il admissible par exemple que des bibliothèques centrales de grande ville fonctionnent à mi-temps dès le 1er juillet, est-il admissible de voir tant de collèges portes closes à 16h en toutes saisons et les élèves à la rue, alors que des permanences ouvertes en nombre suffisant surveillées par des étudiants rémunérés pour cela permettraient à des élèves de travailler sur place, avec toutes les ressources de l'établissement.
Est-ce en entassant des condamnés en prison que l'on crée les conditions d'une réinsertion durable? La France qui est la lanterne rouge des pays modernes sur ce plan là court le risque de surcharge pénitentiaire, avec tous les risques d'explosion que l'on peut pressentir.
Est-ce en refusant la traditionnelle grâce du 14 juillet, en refusant de faire voter une loi d'amnistie généreuse que l'on fait une politique pénale digne de ce nom?
On dit que l'opinion ne comprendrait pas. Se donne-t-on la peine de lui expliquer qu'une grâce ou une amnistie ne sont pas destinées aux individus les plus dangereux mais à des hommes qui à un moment donné ont failli et que le pardon de la nation aiderait à faire repartir sur le droit chemin?
Les mots de grâce et d'amnistie ne sont pas des gros mots. Faire grâce est en soi un geste fort, et l'ordre social a parfois aussi intérêt à l'oubli des crimes et des délits.
21:05 Publié dans sarcasmes aigres doux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, amnistie, grâce présidentielle, politique pénitentiaire, Sarkozy, Royal, centre
07.04.2007
Propos scandaleux de Sarkozy - Silences coupables de Ségolène Royal
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/elysee...
Avec les récents propos de Nicolas Sarkozy, nous assistons à la préoccupante résurgence des thématiques sur l'hérédité qui constituaient le fond de commerce d'un certain courant de la criminologie.
Ces idées monstrueuses selon lesquelles le devenir de l'individu est entièrement programmé dès sa naissance sont révoltantes.
C'est tout simplement nier toute possibilité de liberté, de responsabilité et aussi d'éducation et osons le dire de rédemption.
On ne nait pas criminel ou pédophile, mais hélas trois fois hélas, on le devient. Mais cela n'a rien d'une destinée inéluctable, génétiquement programmée, ou dirigée de manière occulte par des forces qui nous dépassent.
La réalité est hélas beaucoup plus compliquée, et le milieu dans lequel on vit, la chance qui est donnée par l'existence ou que diverses barrières rendent inaccessibles, que les carences éducatives hypothèquent lourdement, font que le libre arbitre de l'individu est singulièrement mis à mal. Cela n'exonère pourtant pas de toute responsabilité.
Nicolas Sarkozy a choisi une fois de plus le registre de la provocation en évoquant la pédophilie. C'est agiter ce qui aux yeux d'une opinion publique parfois gavée d'irrationnel représente le crime absolu.
Nous voyons à présent quelles graines nuisibles voici maintenant dix ans Ségolène Royal a semées, quand dans sa croisade anti-pédophile elle en voyait un dans presque chaque enseignant de sexe masculin. Cela procède de la même logique, celle qui consiste à prendre une partie de l'humanité pour bouc émissaire, et à force d'amalgame et de populisme éviter de poser les questions qui dérangent: comme celles du suivi de certains profils criminels, la protection de l'enfance, une saine éducation sexuelle qui ne soit ni la pornographie sans limites, ni la pudibonderie d'une autre époque.
Du reste, Ségolène Royal est bien en peine pour répondre à son rival sur ce thème, et s'en rapporte maladroitement aux "spécialisttes". Or, en refusant de répondre aux déclarations insensées de Sarkozy, Ségolène Royal accrédite implicitement l'idée que tout compte fait, celui-ci pourrait avoir raison, et que, tout bien pesé, elle pense la même chose, mais ne peut le dire par opportunisme politique.
Comme Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal appartient à ce milieu étrange, qui cultive la haine de la raison, et qui fait du darwinisme social le terreau de son action politique. Attendons un peu, et on va les voir revendiquer l'héritage d'Alexis Carrel, qui fut, rappelons-le, l'un des théoriciens de l'eugénisme de la première moitié du 20ème siècle. Ni l'un ni l'autre ne croient que l'éducation, le développement social et médical peuvent avoir un effet curatif. Leur seule motivation n'est donc que l'appétit concupiscible pour le pouvoir, le sot désir de vaine gloire, qui va de pair avec l'exacerbation outrancière d'un caractère égocentrique hypertrophié qui laisse posée devant le peuple français la question de leur aptitude à l'exercice de la plus haute magistrature.
Outreau et son cortège d'absurdie judiciaire n'ont pas suffi.
Le procès hors-norme d'Angers, dont l'instruction préparatoire est un modèle du genre, tenu voici deux ans et au cours duquel furent prononcées de lourdes mais justes peines pour les plus coupables, et des peines mesurées, voire symboliques pour ceux que l'amoralité groupale avait contraints au silence devrait inspirer à Nicolas Sarkozy comme à Ségolène Royal de plus saines réflexions.
Le discours de stigmatisation inauguré par Ségolène Royal voici dix ans, relayé et aggravé aujourd'hui par Nicolas Sarkozy reproduisent exactement les discours des années trente qui accompagnèrent la montée des totalitarismes.
Ce n'est pas parce que le crime est abject que toute part d'humanité, donc de responsabilité, et de foi en la rédemption, si ténue parfois soit elle, doit être refusé au criminel.
En ces jours du triduum pascal, où nous chrétiens, nous célébrons la mort et la résurrection de Jésus qui a pris sur lui tout le péché du monde pour nous en libérer, osons nous départir des discours de haine.
Nous qui avons la chance par notre éducation, notre culture, les valeurs qui fondent notre vie, notre foi religieuse pour certains, ayons aussi l'humilité qui consiste à reconnaître en nous notre frère d'ombre, notre soeur d'ombre, notre humanité sombre. Les chances, les grâces que nous avons reçues font que nous les maintenons enchaînés comme on doit enchaîner les démons. Mais reconnaissons, que sans tout cela, peut-être notre face sombre eût triomphé, et nous eût entraîné vers le pire.
Non Monsieur Sarkozy, non Madame Royal (car dans la banalisation de ces discours, vous portez aussi depuis longtemps votre responsabilité), nous ne naissons pas criminels, nous ne naissons pas pédophiles.
C'est l'éducation reçue, l'insertion stable dans la société, des fréquentations sociales épanouissantes qui font que nous ne le devenons pas.
Nous ne le sommes pas devenus. Mais un instant de lucidité, vertigineuse, certes, quand, contemplant sans fard ni faux semblants notre visage sombre, nous pousse à concéder, que si nous n'avions pas eu d'éducation, de culture, de milieu porteur, de circonstances de vie favorables, peut-être aurions fait mauvais usage de notre liberté humaine.
Il n'y pas d'un côté les purs, que je ne sais quoi prédestinerait à jamais du crime et de l'abjection, et les réprouvés, que leur naissance même damnerait à jamais.
Il y a simplement l'humanité, créée libre et responsable, capable du pire, mais aussi du meilleur.
Rappelons-nous qu'après la confrontation aux horreurs absolues de la seconde guerre mondiale, nous n'avons pas le droit de dire n'importe quoi.
Il n'y a pas de monstres dans l'humanité. Cela c'est le discours du paganisme, qui croit que le sacrifice propitiatoire ou expiatoire rétablit l'ordre juste des choses. Il y a des hommes créés libres, et l'amour divin, qui est parfait, est le seul qui accepte de prendre le risque d'être refusé ou trahi. Même en celui que la justice des hommes a sévèrement chatié, il y a place pour la lumière de cet amour divin.
Dans le discours de stigmatisation et de rejet des franges d'ombre de l'humanité, il y a un substrat de néo-paganisme incompatible avec les valeurs chrétiennes de la démocratie centriste.
Nous ne revendiquons pas un parti confessionnel, mais nous n'avons pas honte de l'existence de nos convictions de chrétiens dans la cité, mais il n'y a pas à mettre sous le boisseau les valeurs qui sont celles de la démocratie chrétienne.
Face à la résurgence de ces propos glaçants, sortis du ventre hélas encore fécond de la bête immonde, laissons nous gagner par l'amour divin du Christ qui a tout donné jusqu'à la mort.
C'est aujourd'hui le samedi saint, sachons accepter de mettre aussi au tombeau les penchants de haine et de rejet de tout ce qui n'est pas la norme. La haine aussi peut se purifier, se métaboliser quand elle prend le chemin du pardon, de la réconciliation et de l'humanisme. Même s'il y faut du temps, et de l'énergie. Ce qui est assurément plus difficile que de décréter d'une bonne fois pour toutes qui est du bon côté et qui n'y est pas.
09:10 Publié dans La Campagne au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Pédophilie, Ségolène Royal, Outreau, coupable, responsable, menteuse
04.03.2007
Vol de corbeaux
Le Nouvel Observateur fait état du soutien de Maurice Druon à Nicolas Sarkozy. Cela ne vous dit rien. Fouillez dans vos mémoires, c'est le co-auteur avec Joseph Kessel et Anna Marly du Chant des Partisans, remixé au goût du jour par les motivés.
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/elysee_2007/2007...
Mais, que l'on me pardonne cette irrévérence, car le début du refrain de cette chanson de résistance, c'est bien "Ami entends tu le vol lourd des corbeaux sur la plaine".
EADS, Clearstream, Gergorin, Imad Lahoud, et alii... Ce vol de corbeaux pourrait être porté au débit du compte (vilain jeu de mots) du candidat Sarkozy...
La plaine pourrait même être bien morne au lendemain du 22 avril.
Waterloo morne plaine.... Petit césar, méfie toi de l'homme du 2 décembre (pas Napoléon) mais François Bayrou.
"Rien de ce qui doit advenir ne peut manquer" (devise de Henri IV, roi cher à François Bayrou).
15:39 Publié dans sarcasmes aigres doux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Anjou, Présidentielles 2007, Sarkozy, Clearstream, Corbeaux
24.02.2007
L'appel de 30 hauts fonctionnaires
Le texte suivant est rédigé par SPARTACUS, un collectif de 30 hauts fonctionnaires en poste dans l'administration centrale de différents ministères.
SOURCE : http://www.liberation.fr/rebonds/236578.FR.php TEXTE REPRODUIT IN EXTENSO
Nous, socialistes et Français de gauche, revendiquons hautement notre soutien à François Bayrou et aux idéaux de rassemblement et de redressement qu'il incarne. Notre détermination, déclarée dès l'automne 2006, s'est encore renforcée depuis les déclarations de candidature de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal.
Les annonces de programme des uns et des autres témoignent d'une erreur de jugement de la situation réelle de notre pays. La candidate du parti socialiste a formulé, le 11 février, 100 propositions en voulant sans doute imiter les 110 propositions de François Mitterrand. Mais la situation de la France en 2007 n'est pas la situation de la France en 1981. Notre pays est endetté et nous vivons déjà, sans nécessairement en être conscients, aux dépens de nos enfants et de nos petits-enfants : près de 1 200 milliards d'euros d'endettement de l'Etat ; 900 milliards d'euros de financement à prévoir pour les retraites ; enfin les collectivités locales elles aussi glissent peu à peu d'une situation saine vers un déficit chronique.
Madame Royal fait des chèques en blanc. Ces cent propositions sont autant de traites tirées sur le «compte France» déjà largement à découvert. Comment seront-elles financées ? Rien n'est précisé. Rien n'est indiqué non plus sur le réaménagement pourtant indispensable de la fiscalité ou sur la question cruciale des retraites. Rien enfin sur les moyens de relancer la croissance qui, seule, permettrait de réduire chômage et déficits publics et de financer l'ensemble de son programme. Mme Royal compte donc gérer la France comme on gère une région ou un département : en augmentant les prélèvements et en créant toujours plus de charges pour la collectivité. Ou bien elle ne s'intéresse guère au chiffrage de son projet donc à son réalisme. La démission d'Eric Besson, secrétaire national du parti socialiste à l'économie, en est une démonstration éclatante. Sa seule réponse consiste à dire que la croissance de l'économie fournira le carburant nécessaire dès son élection. Comme avec une baguette magique, alors même qu'aucune de ses propositions ne prévoit un soutien à la création et au développement des entreprises. Aucune. Cet oubli témoigne d'une méconnaissance vertigineuse de l'économie de notre pays. A moins que cela ne corresponde à une méfiance systématique vis-à-vis des centaines de milliers d'artisans, de professions libérales, de responsables d'entreprises agricoles et commerciales qui sont dans l'attente de mesures simples comme celle proposée par François Bayrou avec l'exonération de charges sociales pour la création de deux emplois par entreprise.
Que dire des propositions de Nicolas Sarkozy ? Sa prodigalité électoraliste vient d'être démentie et corrigée par ses propres amis de l'UMP qui n'en peuvent plus des promesses ciblées et sectorisées par catégories électorales avancées par le ministre-candidat.
Sa mesure phare qui consiste à baisser de quatre points les prélèvements obligatoires par rapport au PIB représente 78 milliards d'euros à financer. L'économiste Thomas Piketty a démontré que cela correspondait à la suppression conjointe de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur la fortune et de l'impôt sur les sociétés. M. Sarkozy nous prépare bien une France sans foi ni loi, une France ultralibérale. Nous constatons que ce programme, Nicolas Sarkozy l'étend maintenant sur dix ans.
Nous, socialistes et Français de gauche, croyons à la voie proposée par François Bayrou. Pourquoi ? Il a été le seul et le premier à poser les vraies questions pour l'avenir de notre pays et à apporter les bonnes réponses :
Notre dette publique nous engage vis-à-vis des générations futures. Il faut revoir le processus de la dépense publique pour plus d'efficacité et donc plus de justice. Et inscrire dans la Constitution le principe d'interdiction d'un déficit des dépenses de fonctionnement de l'Etat.
Notre Education nationale repose sur un corps d'élite. Nos enseignants, de formation initiale et continue, doivent disposer des moyens nécessaires à leur mission. Et plus que tout de notre reconnaissance.
Nos besoins collectifs de tous ordres ; santé, défense, culture, diplomatie... doivent eux aussi faire l'objet d'une protection et d'une sérénité que seul l'idéal de rassemblement de François Bayrou peut incarner dans les circonstances présentes.
Enfin, nous, socialistes et Français de gauche, estimons que le choix incohérent et erratique du parti socialiste conduit la gauche française à son échec pour l'élection présidentielle. Inexorablement.
Pour toutes ces raisons, et malgré notre fidélité à un parti qui a été pendant longtemps un modèle de démocratie interne, nous persistons à penser que seul François Bayrou incarne aujourd'hui l'esprit de courage, de responsabilité et de clairvoyance nécessaire pour redresser la situation de la France. Nous lui faisons confiance pour rassembler enfin les Français autour des valeurs républicaines qui nous sont chères. Pour les électeurs de gauche, le véritable vote utile pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, c'est Bayrou. Lui seul sera en mesure de battre le candidat UMP au deuxième tour de la présidentielle.
Quelques commentaires personnels
Au risque de paraître simpliste, rappelons simplement que la situation économique de la France d'aujourd'hui n'a rien de commun avec celle de 1981.
Si Mitterrand a pu mener pendant deux ans le programme que l'on connaît (Nationalisations, mesures sociales, augmentation des effectifs de la Fonction Publique), c'est qu'il y avait de l'argent dans les caisses de l'Etat. En 1980, les rentrées fiscales, essentiellement par l'impôt sur les entreprises, avaient dépassé les prévisions de la loi de finances initiales. Et les experts économistes proches du PS faisaient au moins crédit à Raymond Barre (le seul au demeurant), de laisser des "caisses pleines".
Aujourd'hui qu'en est-il:
- la dette publique est telle que cela revient à faire peser sur chaque citoyen l'équivalent d'un emprunt immobilier.
- la fraude à l'impôt représente, de l'aveu même des services fiscaux, l'équivalent du déficit annuel.
Alors, quand Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy décline leurs mirifiques propositions, ou bien ils ne savent pas ce qu'ils disent, et c'est grave, parce que c'est de l'incompétence, ou bien ils le savent très bien, et ce n'est que démagogie et mensonge. Veut-on que les élections présidentielles de 2007 vérifient une fois de plus l'adage qui dit que les promesses n'engagent que ceux qui veulent bien les croire.
L'un comme l'autre tirent des chèques en bois sur le compte de la maison France. Oh certes, dira-t-on, en reprenant l'adage latin cher au juriste, fiscus semper solvendus censetur, le fisc est toujours réputé solvable.
Mais alors qui va payer: l'entreprise? comment alors soutenir et développer l'emploi en France si les charges sont si lourdes que délocalisation, et ses cortèges de plans sociaux et autres emplâtres sur jambes de bois sont jugés plus rentables que l'investissement dans l'emploi.
Les ménages? quelle étroite marge de manoeuvre quand on sait le peu de rapport de l'impôt sur le revenu? Augmenter celui-ci, cela revient à dire que soit les classes moyennes dont le pouvoir d'achat a baissé (de 25 % depuis 1983 pour les fonctionnaires de l'enseignement) seront encore une fois mises à contribution? les bas salaires qui ne seraient plus exonérés de l'impôt sur le revenu? les grandes fortunes, mais chacun sait qu'elles auront vite fait leur compte si l'ISF augmente son assiette, et il ne faudra pas s'étonner alors de leur exode vers des cieux fiscaux plus cléments.
Quand Madame Royal et Monsieur Sarkozy prétendent vouloir remettre la France debout, c'est en réalité un château de cartes qu'ils construisent. L'un comme l'autre considèrent l'électeur de la même façon que le code napoléonien concevait la femme : un être éternellement mineur.
La politique ne peut se construire durablement sur la seule rhétorique, et la magie des mots est cause de désillusion quand les actes ne peuvent pas suivre.
Comment croire par exemple Ségolène Royal pour qui son programme se résume à la pensée magique: "je veux, mon pacte présidentiel, les cercles vertueux, la croissance."
Nous n'attendons pas des candidats qu'ils nous promettent comme naguère Churchill pendant la seconde guerre mondiale "du sang et des larmes", mais simplement l'honnêteté et l'humilité.
19:10 Publié dans La Campagne au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle 2007, Bayrou, Royal, Sarkozy, dette publique, UDF, PS
12.02.2007
Nicolas et Ségolène
Voici une petite séquence en chanson:
"Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur" (Beaumarchais)
08:45 Publié dans Politique spectacle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parodie, Ségolène, Sarkozy, duo, jumeaux, ordre juste, encadrement militaire
10.02.2007
Qui est Nicolas Sarkozy?
Mes précédents courriers se sont surtout attachés à démasquer l'imposture que constitue Ségolène Royal...
Mais cela ne signifie pas pour autant que j'idolâtre Sarkozy.
Pas plus que les incantations de Ségolène sur l'ordre juste, les familles au carré, l'encadrement militaire des jeunes délinquants la société sécuritaire que nous propos Sarkozy n'est pas la solution miracle aux maux de la France.
Alors, le discours des deux faces de ce duo, de cette chimère bipolaire que constitue le couple gémellaire Sarko Ségo, c'est bien la même chose.
Ségolène méprise le peuple, puisque le 19ème arrondissement n'est pas fréquentable pour ses enfants. C'est tout autant une marque de stigmatisation que quand le ministre de l'intérieur parle de nettoyer les banlieues au Karcher.
Des deux côtés, c'est une même démagogie populiste, qui sert de masque à la bourgeoisie pour racoler les voix dans les banlieues et les quartiers.
Face à ce duo, un seul candidat crédible, François Bayrou.
14:50 Publié dans Vidéos | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, société sécuritaire, ordre juste, Ségolène



