21.01.2008

DE L'INTERET DE NE PAS MELANGER POLITIQUE ET CULTURE

Dans une récente note, je m'étonnais de la présence de Ségolène Royal à Angers pour rendre hommage à Jeanne Moreau à l'occasion du Festival Premiers plans.

Ouest France se fait l'écho de cette visite. Comme l'on pouvait s'y attendre la candidate recalée du second tour s'y est livrée à une apologie du maire sortant et procède à une récupération incongrue du Festival de Cinéma. http://www.angers.maville.com/Segolene-Royal-J.-C.-Antoni...

Les événements culturels, s'ils contribuent assurément au rayonnement de notre ville ne doivent absolument pas être transformés en lieux de propagande électorale.

Outre la faute éthique, il convient de rappeler que les programmateurs d'action culturelle ne gagnent leur crédibilité qu'à raison de leur indépendance politique.

Les Angevins se seraient bien passés de cette récupération compromettante qui n'honore ni Ségolène Royal, ni le Maire sortant.

En raison de la présence de nombreux élèves des lycées et collèges à ces manifestations, il paraît important de rappeler que le devoir de neutralité politique s'impose plus qu'ailleurs.

20.01.2008

NE CONFONDONS PAS ELECTIONS MUNICIPALES ET REFERENDUM ANTIPRESIDENTIEL

La campagne des élections présidentielles nous avait habitués aux déclarations irréfléchies de Ségolène Royal. La proximité des élections municipales semble redonner des ailes à la donzelle.

Preuve en est cette ahurissante déclaration  que l'on peut lire sur le site internet du Nouvel Observateur.  http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/municipales_2008... 

Il y a comme une confusion d'échelle car aux élections municipales on élit un maire et les enjeux sont simplement ceux de la cité. Il y aura en effet suffisamment de temps pour apprécier le bilan du Président Sarkozy, et le passage du septennat au quinquennat fera que les présidentielles de 2012 seront vite là. Comme il est probable, les Français seront à même de juger, puisque selon toute vraisemblance celui-ci se représentera. C'est à ce moment là et dans nul autre scrutin que le peutple souverain tranchera.

En quoi dans notre ville d'Angers faudrait-il lier le sort du maire sortant à un référendum déguisé sur l'image du Président Sarkozy? Lorsqu'un maire sortant se représente, c'est bilan contre projet et rien d'autre. L'impopularité relative et conjoncturelle du Président en exercice n'a pas vocation à constituer un handicap ou un adjuvant selon l'appartenance politique que l'on prête au candidat.

Que dirait-on si François Fillon ou n'importe quel ténor de l'UMP se risquait à dire que les élections municipales en Poitou Charentes devraient être l'occasion d'un vote sanction de la politique menée par son actuelle présidente. Il faudra, là encore, attendre l'échéance.

Les électeurs sont de toute façon des gens responsables qui n'ont de leçon à recevoir de personne. Ils sauront, dans l'intimité de l'isoloir comme dans la publicité de leurs engagements faire la part des choses entre les enjeux locaux et les questions nationales qui en aucun cas ne doivent parasiter le scrutin.

 

 

05.12.2007

La Belle Histoire

Non, je n'ai pas acheté le bouquin de Ségolène Royal et je ne l'achèterai pas. On y est en effet plus proche de la vantance que de la repentance. Celle-ci n'est pas même simulée. Elle n'est pas.

Tant qu'à s'intéresser au genre apologétique, il y a beaucoup mieux en littérature.

Chacun arrange, c'est bien connu, l'histoire à sa façon. Et voilà que la dame du Poitou se prend à raconter mais en mode inversé une sérénade, où incognito sous le balcon de François Bayrou elle veut le persuader de l'inviter à monter en ses appartements pour lui demander d'être son premier ministre. Voilà que croyant sans doute servir son intérêt l'ex (ex ministre, ex candidate) revisite le motif du paraclausithyron, c'est-à-dire de la porte fermée.

Mais ordinairement, c'est la dame courtisée qui laisse fermée sa porte. Pour en mieux faire désirer l'ouverture. Là s'arrête l'analogie.

Merci François Bayrou de ne pas avoir accepté ce marché frelaté. Car, s'il avait accepté, cela n'aurait nullement contribué à aider Ségolène Royal, mais aurait sans doute apporté encore davantage de voix à Nicolas Sarkozy et grillé son avenir politique, et par là, obéré les chances de constitution d'un nouveau parti appelé à prendre le nom de Modem.

Merci à François Bayrou pour sa lucidité, car, en acceptant le poste de premier ministre d'une Ségolène Royal vouée à l'échec, on était sûr de 15 ans au moins de Sarkozy à l'Elysée.

17.09.2007

Eli lama sabachtani

Eli lama sabacthani. Mon Dieu pourquoi m'as tu abandonné(e).

Non ce n'est pas l'ultime parole de Jésus au calvaire. C'est la prochaine parole de Ségolène Royal.

Plus sérieusement, Lionel Jospin a sans doute mis à profit le temps pourri de ses vacances rétaises pour commettre le pamphlet dont la presse nous distille l'avant première.

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/279106.FR.php

A vrai dire, l'ex premier ministre ne nous apprend pas grand chose. Il a juste vu après les autres que Ségolène Royal n'était pas la candidate idoine. On ne va pas se repasser le film.

C'est la réaction de l'ex candidate qui est pitoyable. Décidément, ce qui ferait le plus grand bien à Ségolène Royal, c'est de se trouver un directeur spirituel. Un père jésuite rompu à la casuistique, ou un thaumaturge émule du Padre Pio cela doit bien exister encore. Car figurez-vous, Ségolène se prend pour Jésus et pour Jeanne d'Arc.

Son dernier meeting nous avait gratifié d'un "aimez-vous les uns les autres", parole sur laquelle la liturgie catholique invitait justement les fidèles à méditer le dimanche 6 mai. (Eh oui! on répartit les lectures sur un cycle de 3 ans, et ce dimanche là c'était le tour du "aimez-vous les uns les autres".

La campagne électorale serait-elle pour Ségolène ce que fut pour Jésus la montée au calvaire, sans le bon samaritain ni Véronique pour essuyer la sainte face? Réagissant au brûlot jospinien Ségolène ressort le "Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.

Mais dans l'affaire pour que l'identification soit complète, il manque des figures. Certes on avait Judas (pardon M. Besson), mais, qui fut Pilate pour demander qu'on lui apportât l'aiguière pour se laver les mains? Qui trancha l'oreille du centurion romain? Qui sont les deux larrons? Où est le soldat qui chargé d'accomplir le crurifragium transperce le côté d'où surgiraient sang et eau?

La religion et la politique sont choses trop sérieuses pour qu'on les mélange. Non, la campagne des présidentielles, ce n'est pas la Passion, même si les coïncidences du calendrier font que la campagne se déroule en carême, et l'élection à une date proche de Pâques.

Comme si le fantasme christique ne suffisait pas, Ségolène convoque à nouveau la référence johannique, pour se féliciter certes de vivre au 21ème siècle. "J'ai l'impression en lisant tous ces ouvrages que si j'étais Jeanne d'Arc, j'aurais déjà été brûlée vive. Heureusement que nous sommes à cette époque."

Je trouve pour le moins étonnant ce fantasme de combustion ainsi que la propension à tout ramener au sexisme ou à assimiler le déballage de linge sale des socialistes à du racisme. Là n'est pas la question. Certes cette grande lessive automnale n'est pas du meilleur goût, mais notre époque, si friande de transparence veut voir y compris à l'intérieur des machines à laver. Laissons le PS faire sa lessive, mais juste un souhait, qu'il ne rejette pas trop de phosphates dans les eaux usées des grands égoûts républicains.

La vraie question est bien de s'interroger sur les vrais buts qui ont présidé à la désignation de Ségolène Royal: gagner l'élection, ou simplement assurer la présence au second tour en parfaite connaissance que l'élection était perdue.

Les affaires du PS ne sont pas les nôtres, mais les affaires publiques sont celles de tous. En ces temps où s'installe une forme inouïe de quelque chose qui ressemble à de l'absolutisme présidentiel, où dans ce bruit de glorification de l'argent-roi, de culte éhonté du veau d'or, on croit entendre Guizot disant aux Français "Enrichissez-vous", C'était à la belle époque de la monarchie de juillet, en ces temps où précisément il ne faudrait pas laisser en jachère la fonction tribunitienne, le PS se vautre dans cette sorte de rituel cannibale daont il sortira à coup sûr affaibli, mais dont la France risque de ne pas sortir grandie.

Une responsabilité incroyable incombe au Modem, qui pourtant n'est représenté à l'Assemblée que par 4 députés. Si la quantité ne fait pas la qualité, cela fait de toute façon loin du compte en raison précisément de l'injustice objective du mode de scrutin.

A l'heure où se constitue un Mouvement Démocrate, sachons nous garder de ces querelles fratricides.

 

 

31.08.2007

De la politique judiciaire du gouvernement Sarkozy

L'actualité récente a mis en exergue à propos de trois événements les contradictions de nos gouvernants en matière de justice et de sécurité publique.

Courant Août s'est déroulée l'affaire du petit Enis, ce garçonnet enlevé lors de la braderie de Tourcoing par un pédophile récemment sorti de prison et pourtant soumis à de strictes obligations de contrôles de ses allées et venues.

L'opportune utilisation du plan alerte enlèvement a permis de retrouver rapidement l'enfant vivant, et il faut s'en féliciter.

Les violences sexuelles qu'il a subies sont révoltantes et la souffrance de cet enfant et de sa famille mérite tout notre respect et notre compassion.

Cependant, l'exploitation médiatique qui a suivi cette affaire pose question:

- les rodomontades présidentielles sur la nécessité d'une nouvelle loi sur la récidive en matière de viol aggravé tiennent de l'effet d'annonce plus qu'autre chose.

- le moins que l'on puisse dire est qu'en la matière la justice française est l'une des plus sévères. En matière de viols sur mineurs de moins de 15 ans avec récidive, la peine encourue est la perpétuité. Soit la même que celle qui punit le meurtre. On ne peut donc accuser le code pénal actuel de faiblesse.

- les interrogations sur le devenir des violeurs d'enfants à leur sortie de prison s'expliquent par l'émotion, mais les solutions préconisées ici ou là sont dangereuses pour les libertés de tous. Même si c'est difficile à admettre, un criminel sorti de prison a payé sa dette et lorsqu'une peine est purgée, est-il besoin de rajouter une double peine exactement comme c'était le cas avec le passeport des bagnards qui faisait de ceux qui en étaient lotis des parias à tout jamais?

La seule réponse qui vaille, c'est d'abord de donner à la justice les moyens d'appliquer avec discernement les lois actuelles et de mettre en place un suivi socio-judiciaire digne de ce nom. Cela suppose en effet des moyens pour que juges d'application des peines, éducateurs, médecins-relais, force de l'ordre chargé de vérifier l'accomplissement des obligations de signalement de déplacement ou de déménagement des condamnés visés par ces mesures, puissent efficacement accomplir le travail que la société leur enjoint.

Je citerai l'exemple du procès d'Angers tenu devant la cour d'assises de cette ville en 2005, et dont certains accusés furent rejugés en appel à Nantes courant 2007. Tout a été dit sur ce procès, dont l'une des attentes en haut lieu était de redorer le blason de l'institution après le scandale d'Outreau. Nul n'ignore que des peine très lourdes ont frappé les coupables les plus impliqués (jusqu'à 28 ans de réclusion criminelle assorti de période de sûreté des 2/3, et suivi socio-judiciaire allant parfois jusqu'à vingt ans). La justice a-t-elle les moyens d'assurer sur une aussi longue durée les mesures de suivi socio-judiciaire? Une chose est de prévoir dans la loi, une autre est de se donner les moyens d'une application effective, et efficace. Que se passera-t-il, lorsque par le jeu normal des remises de peine, les condamnés sortiront de prison?

Enfin, le courage politique consisterait à dire que le risque zéro n'existe pas. Cela vaut aussi bien pour le président Sarkozy que pour son ex-rivale Ségolène Royal qui en matière judiciaire et sécuritaire aurait fait exactement pareil parce que tous deux sont les produits d'un système du primat de l'émotion sur la raison.

Le second fait que je voulais évoquer est la question des non-lieux psychiatriques. Quel que soit l'émotion suscitée par des crimes horribles, quel que soit le respect dû aux familles des victimes, il faut rappeler ce principe fondateur du droit pénal selon lequel on ne saurait juger les fous et les irresponsables.

Qu'apporterait un procès d'assises qui ne pourrait pas prononcer de peine? Rien. Par contre, l'on peut très bien imaginer que lors d'une audience publique devant les magistrats qui composent ordinairement la cour d'assises, les parties prenantes exposent leurs conclusions, que les experts viennent s'expliquer en une langue compréhensible du profane, et que la partie civile, si elle s'estime lésée par la décision de non lieu puisse comme c'est actuellement le cas faire appel devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel et obtenir le regard d'un autre collège d'experts à la compétence incontestable.

Juger les fous reviendrait à souscrire à une régression sans précédent de notre droit. Le danger de la mode compassionnelle et de l'idéologie victimaire est justement de cautionner même involontairement de terribles régressions humanistes.

Disons simplement que lorsque l'on commence à déroger aux principes qui constituent le socle fondateur de notre droit pénal, on s'autorise toute transgression par la suite.

Lorsque le président de la république, garant de par la constitution de l'indépendance de la justice, se prononce si explicitement sur un point précis du droit pénal concomittamment à une affaire précise, l'on peut parler d'immixtion dans le fonctionnement de la justice et d'entrave à la séparation des pouvoirs.

C'est au nom de ce même principe constitutionnel fondateur, que n'importe quel étudiant en droit en première année de licence apprend, que l'on s'étonne de ce qu'un magistrat du parquet soit convoqué à la chancellerie, suite à la relation par la presse de propos tenus lors de ses réquisitions. Nous ne voulons pas croire que Madame la Garde des Sceaux ait oublié cet adage du droit pénal qui dit que la plume est serve et la parole libre. En le cas d'espèce, si le jugement rendu par le tribunal n'apparaissait pas le plus idoine au parquet, le procureur près le TGI pouvait très bien faire appel, s'il estime que la peine prononcé est trop légère et que les motivations quant au refus d'appliquer les dispositions nouvelles sur la récidive peuvent être contestées. Voilà le fonctionnement normal.

Gérer un pays, une administration, c'est d'abord faire confiance à ceux qui par leurs fonctions en ont la charge, et qui ont besoin de sérénité pour travailler. Il est très bien dans une démocratie que la justice soit rendue publiquement, il est normal que la presse joue son rôle d'information, mais il serait malsain que cette publicité soit détournée de son objet qui est précisément d'assurer le respect des droits fondamentaux des personnes, au profit d'une politique malsaine de chasse aux sorcières.

23.06.2007

PEUT-ON FAIRE CONFIANCE A SEGOLENE ROYAL?

La semaine qui vient de s'achever aurait-elle remis Ségolène Royal sous les feux de la médiatisation?

Après les aveux de la soirée du 17 juin 2007, Ségolène Royal livre tout de go qu'elle a défendu à son corps défendant des propositions électorales, pourtant mandat de son parti, auxquelles elle ne croyait pas.

L'on peut disserter sur le caractère démagogique du SMIC à 1500 € comme d'autres propositions. L'on peut douter de leur infaisabilité économique.

Le projet électoral de François Bayrou, parce qu'il a replacé au premier rang le parler vrai l'a assez montré.

Cependant, lorsque l'on est candidat, l'on défend des valeurs et un projet ainsi que des convictions que l'on propose au peuple qui lui choisit.

Ce que l'on attend d'un candidat, c'est la sincérité, la conviction dans ses propositions qui seule crée les conditions d'un débat véritablement démocratique.

Or Ségolène Royal avoue tout simplement ne pas croire aux propositions qu'elle a pourtant défendues. Et c'est là proprement sidérant. Si ce n'est pas pas pour défendre un projet, porter des propositions, affirmer des convictions qu'elle s'est présentée devant le peuple, c'est pourquoi?

La raison de la candidature ne serait donc pas dans la sincérité d'un engagement. Si elle n'est pas là, c'est qu'elle est ailleurs. Par exemple dans l'assouvissement de désirs personnels frustrés, dans l'instrumentalisation du politique au service d'autres fins comme par exemple le réglement par ce biais là de conflits interpersonnels d'une autre nature.

Ainsi donc, Ségolène Royal aurait utilisé sa candidature, instrumentalisé médias, militants et opinion publique pour un meurtre politique: empêcher le premier secrétaire du PS, accessoirement son compagnon, de se présenter.

Une telle attitude, surtout lorsqu'elle se drape dans les oripeaux d'un ordre moral suranné, flirtant dangereusement avec les fantasmes sécuritaires de l'extrême droite, n'est pas digne d'estime et ne mérite qu'opprobre et réprobation.

Ségolène Royal n'a donc tout simplement pas de leçons à donner à quiconque. Son récent passé de ministre, son comportement avec ses collaborateurs remerciés dans les conditions que nous savons n'en faisaient pas une candidate crédible.

Les aveux sidérants sur les propositions électorales en entament sérieusement la respectabilité et la légitimité.

Tout ceci serait pathétique s'il ne s'agissait pas de la noble cause de la chose publique.

Pour avoir qualifié Ségolène Royal pour le second tour, nous savions que nous offrions du même coup les clés de l'Elysée à Nicolas Sarkozy. Que se taisent désormais les donneurs de leçon pour qui une telle configuration de second tour représentait un impératif démocratique.

Disons tout simplement que si nous voulons dès aujourd'hui un décennat sarkozyste, il suffit que Ségolène Royal annonce sa candidature pour 2012 et que les socialistes restent dans leur torpeur devant cet abîme de malhonnêteté.

Si l'on veut éviter la réitération de la campagne des dupes de 2007, c'est un centre uni et fort qu'il faut construire, capable d'affirmer son indépendance tant vis-à-vis de la gauche que de la droite. Sans s'engager a priori dans des alliances contre-nature.

A ceux qui rêvent après coup d'un axe Bayrou-Royal, disons-tout net que Bayrou n'aurait pas fait son score du premier tour et aurait atteint simplement 12%. L'abstention, le vote nul, le transfert des voix socialistes sur la gauche auraient annihilé le gain des voix apportés par une alliance de circonstance ne reposant sur rien, et que cela eût pu au contraire créer les conditions d'une élection dès le 1er tour de Nicolas Sarkozy.

Pas plus que dans une inféodation à la droite, le salut du centre ne passe par un engloutissement consenti dans une gauche décrédibilisée.

Les alliances seront celles que tout simplement nous serons en capacité d'imposer.

 

 

09.05.2007

TOUS AVEC BAYROU DANS LE MOUVEMENT DEMOCRATE

Le Limousin de naissance que je suis ne peut qu'approuver le point de vue de Jean-Jacques BELEZY, Conseiller Municipal de Limoges, et Conseiller Régional UDF du Limousin.

Jean-Jacques Bélézy, conseiller régional UDF du Limousin et conseiller municipal de Limoges, stigmatise les députés UDF «qui se sont tous fait applaudir au premier rang des rassemblements sur le nom de François Bayrou et nous expliquent aujourd'hui que leur camp, c'est la droite, uniquement la droite». Pour lui ces derniers «veulent s'arrimer au yacht de Nicolas Sarkozy».
Je ne sais pas si François BAYROU lit ce modeste blog, mais je dis que ce serait immoral de le laisser tomber sous prétexte d'aller à la soupe chez Sarkozy et Fillon.
Ce printemps orange a constitué pour des millions d'électeurs une vraie occasion de vivre la politique autrement. C'est précisément parce que le soir du 22 avril nous avons entendu ces propos d'une dignité jamais atteinte chez un candidat dans lesquels nous avons compris que vous nous disiez à tous "non vos relinquam orphanos", je ne vous laisserai pas orphelins, qu'il nous faut maintenant répondre sans hésiter à son appel.
Il ne s'agit pas de renier l'UDF, il s'agit de créer les conditions de son adaptation à une nouvelle donne politique.
Si le temps n'est plus à la soumission aveugle à la droite, parce que précisément la gauche ne représente plus de menace de collectivisme et de soviétisation, cela ne signifie pas la sécession d'avec la droite, non plus que l'allégeance avec la gauche ou ce qu'il en reste.
Face à l'opportunité que représente l'absolue nécessité d'un contre pouvoir face à l'UMP, et face au vide oppositionnel induit tout autant par le laminage de l'extrême gauche dont une partie révèle sa vraie nature anti-démocratique en fomentant des séditions estudiantines, que par le le spectacle pitoyable d'un PS qui ne comprend rien depuis 2002 et qui a préféré le jeu du quitte ou double en faisant courir sciemment à la France le risque de cinq ans de sarkoszysme dans le seul but sinon d'assouvir le besoin d'exorciser le tsunami électoral de 2002, du moins de satisfaire l'ambition personnelle de sa candidate au détriment de candidats que l'on savait plus efficaces, mais qu'il fallait mettre au placard pour être en phase avec les désirs d'avenir de l'opinion.
Merci au PS, merci Ségolène Royal, grâce à vous nous avons Sarkozy. Et avec votre nombrilisme impénitent, vous allez passer les semaines qui nous séparent des législatives à tergiverser sur les causes de votre échec prévisible, plutôt que de présenter un vrai projet de contre pouvoir.
Ce vrai projet de contre pouvoir, cet espace à occuper, et bien, à l'UDF Mouvement Démocrate, occupons-le. En toute liberté. Cela n'implique pas a priori de refuser de voter la confiance au gouvernement et de voter le budget. Cela n'implique pas non plus d'accepter par avance de le faire.

30.04.2007

ALLER AU DELA DU BLAME ET DE L'ELOGE

Les centristes dont nous sommes ne peuvent que se réjouir du simple fait que Ségolène Royal et François Bayrou ont pu débattre samedi matin en public et que leur dialogue nous ait été retransmis par la petite chaine BFM.

La dérobade des médias publics et des médias les plus en vue n'en est que plus choquante. Mais tant pis pour eux, le plat ne repasse pas deux fois.

Cependant, cette campagne électorale battra les records de l'exagération.

D'une part, au premier tour, dans une surenchère constante du verbalisme et de la démagogie, les candidats jumeaux Sarkozy et Royal ont allègrement - au moins en pensée - plumé la poule aux oeufs d'or, soldant à peu de frais les virtuelles marchandises de leur magasin à promesse.

François Bayrou ne nous promit certes ni le sang, ni les larmes, mais eut le mérite de nous faire entrevoir que les promesses achoppaient sur l'obstacle de la dette publique.

D'autre part, il a suffi que Nicolas Sarkozy s'en prenne à l'héritage de Mai 1968 qu'il faudrait liquider pour entraîner dans le camp de la gauche une réaction tout aussi idéologique en sens inverse.

Daniel Cohn-Bendit, de grâce, Sarkozy est tout ce que l'on veut sauf un bolchevik !

Ségolène Royal, même si c'est gênant pour la doxa féministe du PS, nous devons vous rappeler que ce n'est pas grâce à mai 1968 que les femmes doivent la libéralisation de la pilule, mais à une loi votée en 1967, la loi Neuwirth,  du nom du député gaulliste qui la fit adopter.

Quant aux accords de Grenelle, ce serait assez malhonnête de s'en approprier l'origine, pour la gauche qui les a boudés alors que des syndicats représentatifs avaient compris qu'il y avait plus à y gagner qu'à perdre d'accepter la négociation proposée par le premier ministre Georges Pompidou et menée au nom du gouvernement par Jacques Chirac, un jeune secrétaire d'Etat qui y gagna ses premiers galons d'homme politique avec qui il faudrait dorénavant compter.

Enfin, Gérard Aschieri, cher collègue de la FSU, vous rendez vous compte que présenter "l'Ecole de Jules Ferry comme une école de tri social" est extrêmement blessant pour ceux qui en sont issus et qui lui doivent leur promotion sociale? Vous êtes agrégé de lettres classiques, vous êtes le pur produit de cette élite républicaine sélectionnée sur ce système le moins injuste qui soit que sont les concours. Vous avez eu la chance de bénéficier de ce système de formation, qui faisait que l'humble paysan des campagnes fussent-elles les plus arriérées ou des banlieues fussent-elles les plus pauvres pouvait offrir à d'autres que ceux dont le seul effort fut de venir au monde une instruction de qualité. Par égard pour vos maîtres, cessez de vous répandre en critiques mensongères contre l'école de Jules Ferry. Si imparfaite qu'ait pu être notre commune mère à tous, elle n'en est pas moins notre mère. Il ne s'agit pas de l'idolâtrer, mais cela ne nous autorise point à la vilipender, surtout que l'école d'aujourd'hui n'est guère capable d'offrir à tous aujourd'hui les mêmes chances qu'autrefois à cause de ce pernicieux système qui vous assigne scolairement à résidence et qui en compensation n'offre même plus ce qu'il offrait autrefois.

Monsieur Meirieu, je n'aurai qu'un conseil à vous donner, taisez-vous. Vous finissez votre siècle et laissez-nous commencer le nôtre. Les responsabilités qu'avec tant de plumitifs parmi les séides et les zélateurs des sciences de l'éducation vous avez prises dans la déliquescence du système scolaire vous disqualifient durablement pour que vous puissiez vous croire permis d'endosser l'habit du donneur de leçon. Interrogez vous donc plutôt face au miroir - que je souhaite sans complaisance - de votre conscience pour vous demander pourquoi aujourd'hui l'autorité du savoir, celle que les maîtres reçurent de ceux qui les instruisirent, devrait être bafouée par des gamins et des gamines à qui n'a pas été inculquée ne serait-ce que la conscience de la distinction des générations. Arrêtez de voir dans mai 1968 la genèse de la démocratie quand tout le monde sait que les Athéniens sur la Pnyx la vivaient mieux que nous.

Vous tous qui faites avec un zèle indiscret l'apologie de mai 1968, le résultat le plus sûr que vous obtiendrez est que vous offrez une foison de suffrages à Nicolas Sarkozy. Pour ceux qui envisagent le vote blanc, ce sera peut-être l'argument qui leur fera apporter leur suffrage au candidat de l'UMP. A ceux qui pouvaient éventuellement envisager de porter - non sans réluctance - leur suffrage sur le nom de Ségolène Royal, vous donnez d'excellentes raisons de voter blanc. Pour ceux qui s'étaient résolus à voter Nicolas Sarkozy, avec beaucoup de réticence, l'éloge scandaleux et passéiste de mai 1968 à laquelle se livre la gauche constituera l'élément suffisant pour transformer en vote d'adhésion un simple vote de raison.

Nos générations de quadragénaires, et de trentenaires ont un droit d'inventaire sur celle de mai 1968 et entendent le faire valoir sans arrière-pensée ni aveuglement idéologique.

Quant à vos petits-enfants, ne vous étonnez pas s'ils vous reprochent la contradiction certaine qui peut exister entre faire l'apologie de mai 1968 et succomber sans résistances aux charmes et aux maléfices de la candidate qui se veut l'incarnation de je ne sais quel "ordre juste".

Hommes et femmes de gauche, si vous voulez vraiment l'élection de Ségolène Royal, défendez-la autrement qu'en vous faisant les pitoyables apologistes de mai 1968.

 

19.04.2007

UNE RAISON SUPPLEMENTAIRE DE NE PAS VOTER ROYAL

Laissons la parole à Louis MEXANDEAU, agrégé d'histoire, professeur émérite des universités, ancien ministre de Mitterrand (PTT, de 1981 à 1986, Anciens Combattants, de 1991 à 1933).

Quand on entend parler Ségolène et son ordre juste, cela évoque de douloureux souvenirs. Je suis rasséréné, moi qui n'ai cependant pas connu les années trente, de conduire depuis des mois la même analyse que Louis MEXANDEAU.

Vue par Louis Mexandeau

                Je n'ai aucun contentieux avec Ségolène, rien de personnel contre cette femme au regard clair, au physique agréable, mais sitôt qu'elle apparaît à la télévision, l'historien et militant socialiste que je suis est saisi de crainte, pour ne pas dire d'effroi. Je ne puis m'empêcher de penser à Léon Blum au XXXème congrès national de la SFIO, en juillet 1933, lorsque Marquet préparait avec Déat (NDR: Déat passera avec armes et bagages quelques années plus tard au vichysme et à la collaboration, et il fera partie du dernier carré de la collaboration active, qui avec le sinistre Doriot fuira à Sigmaringen, ) la scission néosocialiste sous le slogan de l'Ordre et de l'Autorité.  Blum s'était exclamé: « Je suis épouvanté ! » Et de fait, je suis terrifié par Ségolène prétendant militariser le traitement de la délinquance ; je suis abasourdi par son projet de jurys populaires façon cours d'assises pour les élus, comme si le suffrage universel et les structures judiciaires appropriées n'existaient pas ; je suis confondu par sa planétaire indigence qui lui fait improviser cette réponse à propos de l'entrée de la Turquie dans l'Europe : « Mon opinion est celle du peuple français. » Je veux être leur chef, donc je les suis !

Mais d'où vient cette propension à la dérive populiste, au démagogique, à l'erratique, au saugrenu, et finalement à la mise en danger de la France ? Cynisme ? Voire ! La vérité est plus simple et bien plus inquiétante : Ségolène, c'est une inculture de taille encyclopédique, une sorte de trou noir de la science.  Une ignorance crasse, pire que reaganienne : bushiste.  Comme si elle n'avait pas lu un seul livre.  Des cours seulement.  Pour passer des concours...

Je la connais depuis plus de vingt-cinq ans, j'ai assisté à ses débuts.  Sa carrière a commencé en Basse-Normandie, lorsqu'elle venait rejoindre sa mère en fin de semaine dans la demeure familiale de Villers-sur-Mer.  Elle gravitait alors autour de l'Elysée, rédigeant des notes à l'intention de Jacques Attali.  Dès 1983, elle était conseillère municipale minoritaire de Trouville.  Deux ans plus tard, le scrutin proportionnel ayant été adopté en vue des législatives de 1986, se posait la question du deuxième de liste dans le Calvados.  Au vu de nos résultats de 1981, même érodés par le désamour, l'obtention de deux sièges apparaissait certaine.  Un ticket s'imposait: 1. Louis Mexandeau. 2. Henry Delisle.  Mais comme ce dernier venait de perdre la mairie de Mézidon, sa position était fragilisée.  André Ledran, qui m'avait succédé comme secrétaire de fédération, se mettait sur les rangs.  Rude dilemme que de devoir choisir entre deux amis.  La solution n'était-elle pas d'opter pour une troisième personne ? Nous étions dans une période où l'on commençait à parler d'un rôle accru des femmes en politique.  Oh ! Avec frilosité, les socialistes se déclarant en faveur de la promotion féminine à condition qu'elle s'appliquât dans le département voisin...

A l'été 1985, lors d'une réunion de la commission exécutive du Calvados, à Caen, il fallut commencer à en débattre.  Chacun des 60 participants n'avait encore en tête que l'enjeu entre Delisle et Ledran.  L'atmosphère était lourde.

Soudain, sur la gauche de la grande salle de la rue Paul-Toutain se leva une frêle créature, une femme jeune et jolie dont j'étais le seul à connaître l'identité.  Qui pouvait savoir alors que même sa timidité devait avoir été étudiée ? Même pas moi ! Elle déclara dans un grand silence : « Voilà, je m'appelle Ségolène Royal, je suis membre de la section de Trouville et conseillère municipale.  J'ai 28 ans. Je suis mère d'un enfant. Je travaille à l'Élysée auprès de François Mitterrand.  Les deux personnes que j'aime le plus au monde, c'est mon bébé et François Mitterrand. Je voudrais être candidate aux élections législatives de l'an prochain en deuxième position, derrière Louis. » Puis elle se rassit.

Il n'y eut aucune discussion.  Suffoquée par tant d'audace, la salle restait muette.  Que cette jeune personne, même présentant bien, même proche, prétendait-elle, du président de la République, mais n'ayant aucune expérience militante, revendique une candidature qui l'enverrait automatiquement au Parlement paraissait complètement incongru, ahurissant, surréaliste.  On passa donc sans commentaire à la suite de l'ordre du jour et, au final, quelques semaines plus tard, ce fut Yvette Roudy qui fut choisie.

« Les deux personnes que j'aime le plus au monde, c'est mon bébé et François Mitterrand ! » Par ces quelques mots, et sans doute pour la première fois, Ségolène effaçait son compagnon, le père de son enfant. François Hollande, dont j'étais, ce soir-là, le seul à connaître le nom, ne cessera plus d'être évacué jusqu'à l'ultime humiliation.  Berné, piétiné dès l'origine, le malheureux!  Début 2006, à la question de savoir qui d'elle ou de lui serait candidat à l'investiture, elle avait répondu: « Nous déciderons en couple. » Tu parles !  Vingt et un ans après l'épisode de la rue Paul-Toutain, revoici Hollande rejeté au néant.  D'avoir vécu près d'elle pendant un quart de siècle ne lui aura servi de rien.

Surfant sur les sondages favorables, elle l'a lâché, tout comme elle a floué Jospin, Lang et les autres.  Paralysés à l'idée de passer pour sexistes - Ségolène excellant dans la posture de prétendue victime - ils l'ont laissée faire la course en tête, tels ces coureurs pistards de l'ancien Vél'd'Hiv, au temps de Toto Gérardin et de Lapébie.  Soucieux de ne pas partir les premiers dans le rôle du lièvre, ils n'ont pas pu, ou voulu voir le VTT chevauché par cette amazone qui les coiffe au poteau en leur lançant joyeusement le fameux: « T'as le bonjour d'Alfred ! » Une chose est certaine, en tout cas : si, à la faveur de cette dérive médiatique, elle vient à gagner en novembre, le parti socialiste risque d'entrer dans une phase noire de son histoire, une période glaciaire, telle qu'il en a connu en 1920 et 1940.

LOUIS MEXANDEAU,

historien, ancien ministre socialiste,

Le Figaro Magazine, 28 octobre 2006

17.04.2007

Sortir de l'exploitation sécuritaire et de l'idéologie de victimisation

Ségolène Royal dans son meeting nantais était semble-t-il habitée par l'esprit d'Alain Peyrefitte, ministre de droite qui dans les années quatre-vingt fit voter la loi "Sécurité et Liberté".

Une fois de plus la sémantique anti-humaniste de la candidate désignée par le PS se déchaine contre les délinquants sexuels, qualifiés de prédateurs. De quoi parlons-nous, d'êtres humains ou d'animaux sauvages qui pour survivre doivent tuer? Telle est pourtant la signification de ce terme qui ne s'emploie que pour parler des bêtes.

Décidément la sauvagerie verbale de Ségolène Royal est sans limite.

A sa manière, Ségolène Royal exploite et attise les peurs. Au XVIIème siècle, les contes de Perrault permettaient de métaboliser les phobies et les fantasmes. Mais aujourd'hui, la candidate, intoxiquée jusqu'à la moëlle par son fantasme sécuritaire d'ordre juste fait courir à la France le grave risque de lui inoculer le venin de son idéologie victimisante.

Il y a quelque chose d'anxiogène dans le discours de Ségolène Royal quand elle évoque la criminalité sexuelle. Et tout compte fait, l'excès de langage est le même quand elle brandit le terme de prédateur à tout bout de champ que quand Nicolas Sarkozy se risque à des délires dangereux sur la génétique.

Chacun de ses deux candidats est en réalité formé dans le même moule. Celui du narcissime personnel qui les pousse à ne jamais douter d'eux-mêmes, et à vouloir à tout prix imposer leur vision manichéenne.

Chez Ségolène Royal, cela se double d'une idéologie permanente de la victimisation. Chaque citoyen, s'il veut avoir l'illusion d'être entendu, doit par conséquent se dire victime de quelqu'un ou de quelque chose. Cela n'est pas conforme à l'esprit français.

Ainsi, la énième proposition démagogique de proposer la gratuité des soins aux victimes jusqu'à leur complète reconstruction, comme elle l'a déclaré à Nantes se heurte au bon sens pratique, d'abord parce que pour cela comme pour le reste, il faut bien se demander qui paiera, et la sagesse humaine nous dit qu'hélas il y a des victimes qui ne se reconstruisent jamais. Les repaître de vains espoirs en leur laissant miroiter la gratuité des soins, cela revient à les enfermer à perpétuité dans un statut de victime, alors que précisément il s'agit de l'en faire sortir.

Ségolène Royal est prisonnière du fantasme selon lequel le procès pénal aurait pour unique fonction la thérapie des victimes. Or, ce n'est pas comme cela que la Justice fonctionne. Le peuple français ne lui délègue nulle fonction de réparations des préjudices individuels mais la mission de préservation de l'équité, dût-elle passer par la punition des crimes et des délits.

Par ailleurs, et je sais que je vais choquer, personne avant Ségolène Royal n'avait poussé aussi loin le fantasme panoptique et sécuritaire dans le traitement de la criminalité sexuelle. Cela tourne chez elle à l'obsession et à la naïveté: "prisons spéciales" "pas de libération anticipée pour les crimes sexuels". Alors nous disons attention car le premier pas vers la dictature et l'élimination, c'est précisément renoncer au droit commun. L'encasernement des mineurs délinquants, les prisons spéciales pour pédophiles, tout cela relève de la même idéologie sécuritaire. Ségolène Royal n'a donc pas tiré les leçons du procès d'Outreau. Or précisément, l'instruction de celui-ci était, poussée à l'extrême, la conséquence tragique de l'obsession anti-pédophile qu'elle avait déjà manifestée en tant que ministre de l'éducation nationale, voici maintenant dix ans. Au nom du credo selon lequel enfant ne saurait mentir, on fit croupir en prison des innocents broyés par une instruction uniquement à charge, où l'inexpérience d'un juge, la folie mythomane d'une mère affabulatrice, le témoignage mensonger d'enfants fous, le manque de vigilance et de bon sens des assistantes sociales et des familles d'accueil avaient créé les conditions d'un dangereux collapsus.

Le discours sécuritaire de Ségolène Royal n'est pas moins dangereux que celui de Nicolas Sarkozy, car il est fondé sur l'exploitation émotionnelle et l'idéologie de la victimisation.

La cristallisation des dysfonctionnements sociaux sur des catégories de délinquants choisis comme boucs-émissaires porte en soi des relents de nazisme. La banalisation de ces idées fondées sur l'émotion victimaire est socialement dangereuse, car si l'on accepte cette première étape, ce sera porte ouverte aux renoncements sources des pires turpitudes.

Il y a un véritable danger à élire Ségolène Royal à la présidence de la république, et ce danger n'est pas moins grand que celui que représente Nicolas Sarkozy.

Une fois de plus, la candidate révèle une naïveté insondable.  A qui croiriez-vous que les juges dussent s'en rapporter pour décider d'une libération conditionnelle ? A un comité d'experts. Cela signifierait-il que la Justice actuellement procèderait à des libérations conditionnelles de manière aveugle et imprévoyante? Proférer de telles insinuations, c'est du Sarkozysme recyclé par Royal. Ni plus ni moins. Et comme garantie contre la récidive, même après la purgation des peines: le bracelet électronique. Et voilà comment l'on compte vendre aux Français le délire panoptique. Qui pis est en exploitant à des fins bassement électoralistes un odieux crime. Que n'eût-on pas dit si Le Pen ou Sarkozy s'y étaient risqués?

A qui serait tenté de l'oublier, je rappelle qu'en matière judiciaire, l'idée maîtresse de Ségolène Royal est la présomption de culpabilité. C'est faire litière du socle fondateur de la république. N'oublions pas l'affaire Bernard Hanse, du nom d'un professeur d'EPS qui injustement accusé d'attouchements sur mineurs par un adolescent désireux de se venger n'a pas supporté de voir son honneur livré aux chiens et s'est suicidé. Peu de temps après, la Justice apportait la preuve de son innocence et mettait en examen le mineur pour accusation mensongère. Cependant, une personne, pourtant ministre, donc ne devant pas interférer dans une quelconque phase d'une action judiciaire en cours, ni commenter une décision de justice en raison de la séparation des pouvoirs, cette personne avait osé émettre l'idée que la justice avait fait pression sur le mineur pour qu'il retire ces accusations. Le moindre quidam aurait été poursuivi pour outrage à magistrat. Cette personne pour qui le fantasme sécuritaire et la présomption de culpabilité prime sur toute autre considération s'appelle Ségolène Royal.

Une personne qui porte une part de responsabilité morale dans la mort d'un homme n'est pas digne de la présidence de la république.

A quelque jours du premier tour de l'élection présidentielle, je remets en première page, cette vidéo fort bien faite.

A LA MEMOIRE DE BERNARD HANSE

Pour de plus amples détails sur cette affaire, voici un lien où vous trouverez tout ce que vous cherchez.