27.08.2007

Propos de rentrée

Après ce silence estival pour cause d'évasion en des lieux ne disposant pas de connexion internet, je me décide à reprendre la plume pour quelques propos acides:

La presse bien-pensante de la gauche du même nom ne nous a pas épargnés cet été. Pouvait-on faire mieux en matière d'ignominies. Loin de se réjouir de la libération des infirmières bulgares condamnées à mort pour avoir été accusées d'avoir inoculé le virus du SIDA à des enfants libyens qui l'ont en réalité contracté dans des hôpitaux dont l'hygiène aléatoire ne les mettait pas à l'abri d'une contamination certaine, voilà que la gauche qui une fois de plus oublie que son arrogance lui a coûté trois fois de suite la présidence de la république s'en prend aux conditions dans lesquelles ces infirmières ont été libérées allant jusqu'à suspecter le rôle de Cécilia Sarkozy dans cette transaction. Or il s'agit d'innocentes condamnés à mort. Et cela on l'oublie, tellement c'est plus grisant, faute d'accepter le verdict des urnes et d'examiner avec honnêteté et sans complaisance les vraies raisons de la défaite, de suspecter la moindre initiative présidentielle et de jeter l'opprobre sur ses résultats.

La libération des infirmières devrait au contraire inciter à une joie sans mélange. De celle-ci, pas un écho. Les familles d'icelles apprécieront. Cela dit, avec une gauche qui fait l'éloge de la justice chinoise et de la rapidité avec laquelle elle expédie dans l'autre monde les coquins qui en infestent la surface, il eût été peut-être plus vertueux que ces infirmières subissent le martyre. A côté de cela, les rodomontades pseudo constitutionnelles sur l'opportunité ou non pour Cécilia Sarkozy de venir s'expliquer devant la commission des affaires étrangères du parlement sont de bien petites arguties. La libération des infirmières est l'épilogue heureux de ce qui fut au départ une tragédie, et si la France peut s'énorgueillir d'être pour si peu que ce soit dans cet heureux dénouement, il n'y a pas à en bouder la fierté. Si cette libération constistuait l'un des préalables au dégel des relations avec la Libye, pourquoi s'en plaindre?

Sur un autre sujet, voici un élément qui devrait inciter les députés de gauche à y réfléchir à deux fois avant de déférer les lois au conseil constitutionnel. Comme chacun le sait, les sages ont censuré la disposition qui instituait à titre rétroactif la déductibilité des intérêts des emprunts immobiliers. Tout a été dit et son contraire sur ce sujet. Que cette disposition fût dangereuse en l'état actuel pour les finances publiques ne revient pas à dire qu'elle est pernicieuse en soi. Une fois de plus, les députés socialistes oublient les classes moyennes, et plus particulièrement les moins fortunés de ses représentants pour qui la constitution d'un patrimoine immobilier pendant la vie active est un rempart contre la diminution des revenus à l'âge de la retraite. De plus, un tel dispositif existait déjà par le passé, dans les années 75 me semble-t-il, et il doit bien y avoir quelques députés de gauche signataires du recours en inconstitutionnalité à en avoir bénéficié. C'est trop facile une fois qu'on a constitué son patrimoine de venir donner des leçons. Et cela n'est pas moral non plus. Que l'on aille pas dire que ce faisant en critiquant les mesures fiscales on défende la justice sociale.

En lieu de tout cela, et alors que en remontant jusqu'à l'année n- 5, la déductibilité permettait de tenir compte du surcroît d'endettement des ménages qui ont acheté alors que le marché immobilier remontait en flèche, que nous prépare-t-on, une déduction plus importante pour ceux qui auront acheté après la promulgation de la loi. Où est la justice sociale dont se prévalent ses beaux messieurs et ses belles dames de la gauche bien pensante, celle qui lorsque c'était son temps a bien su profiter de l'abondance et qui ne comprend pas que les plus jeunes aujourd'hui, dans un contexte nettement moins favorables puissent récupérer quelques miettes du gâteau.

Nous l'avons assez dit pendant la campagne électorale, la gauche porte une écrasante responsabilité dans la victoire de Nicolas Sarkozy, par le simple fait d'avoir présenté une candidate de l'illusion et du cynisme particulier que confère l'ignorance.

Les puissances de l'argent et des médias, où l'intimité entre gauche caviar et droite d'affaires est ce qu'elle est, ont fabriqué l'illusion que Ségolène Royal pouvait battre Sarkozy. Cette illusion était le seul ingrédient pour imposer sa désignation, et l'on a vu ce que cela donnait. Et la gauche a préféré la fuite en avant dans la politique du pire. Le bruit médiatique autour du supposé impératif démocratique qui voulait que le second tour opposât forcément Sarkozy et Royal a fait le reste.

Cependant la différence entre le centre et la gauche est que l'on ne va pas chercher dans son propre parti les traîtres et les félons. La différence entre le centre et la droite est que que l'on ne fait pas l'ouverture sans l'avoir dit au préalable.

Nicolas Sarkozy est président jusqu'en 2012, et il est malhonnête après avoir joué à quitte ou double d'agiter maintenant l'épouvantail ou de jouer les prophètes de malheur.

Seul un travail au quotidien dans les quartiers et les villes pourra, par le biais des élections locales, constituer le maillage d'élus locaux qui le moment venu participeront à la rénovation de la représentation nationale.

08.07.2007

LA LOI JUDICIAIRE OU LA MARCHE FORCEE VERS LE POPULISME PUNITIF

A n'en pas douter l'élection de Nicolas Sarkozy est la traduction d'une rupture dans la philosophie juridique et pénitentiaire.

En 1974, Valéry Giscard d'Estaing dont on a trop souvent brocardé la morgue hautaine avait fait scandale en serrant la main d'un détenu à la prison Saint-Paul de Lyon. En 1981, François Mitterrand abolissait la peine de mort, et il est à peu près certain que sans sa décision courageuse, suivie en cela par la détermination du Parlement, le chatiment suprême serait peut-être encore aujourd'hui inscrit dans le code pénal. Et étant donné le climat ambiant qui est loin d'être le laxisme que d'aucuns par réflexe populiste prêtent aux magistrats, il ne fait pas de doute qu'elle serait prononcée, quand bien même elle ne serait pas requise. Il suffit de relire les revues de presse consacrées aux affaires les plus médiatisées.

Il y a trente ans, il y a vingt-cinq ans un président de la république pouvait se permettre de brusquer l'opinion publique. Aujourd'hui le fait même qu'il y pensât serait imputé à crime de lèse-majesté politiquement correcte.

En 2007, Ségolène Royal en déplacement à Nantes pour cause de campagne électorale exploite un odieux fait divers et Nicolas Sarkozy sitôt élu reçoit des parents de victime. L'exploitation de tels crimes à des fins électoralistes est indigne.

Si la nécessité de punir au nom du peuple français est un devoir d'Etat démocratique, la compassion victimaire marque une régression dans la philosophie pénaliste. Le chatiment des coupables n'est plus tant considéré comme un moment certes souvent cahoteux vers leur réintégration dans le monde des hommes libres, mais comme une dissuasion vis-à-vis de potentiels coupables et comme une satisfaction d'instincts vengeurs.

On se croirait en plein 19ème siècle où ont fleuri les dispositifs les plus répressifs: application zélée de la peine de mort, déportation, emprisonnement quasi systématique, maison de correction, avec la croyance fort répandue que porteur de multiples tares le coupable est inamendable.

En face, des humanistes comme Victor Hugo prêchaient dans le désert.

Ce ne fut qu'au prix d'un patient travail de conviction des humanistes que l'on put élaborer à la sortie de la deuxième guerre mondiale l'ordonnance sur la protection judiciaire de la jeunesse, qui constitue - pour combien de temps encore - le socle de la politique pénale vis-à-vis de l'enfance délinquante.

Est-elle laxiste. Certes non. Exclut-elle que lorsque la nécessité de l'ordre public paraît l'imposer de châtier le mineur à l'instar du majeur. Non plus. En effet, le tribunal pour enfants, la cour d'assises des mineurs peuvent par délibération spéciale exclure l'accusé du bénéfice de l'excuse de minorité. La possibilité existe donc. Certes son application est rarissime.

A l'heure où l'assemblée nationale, à la suite du Sénat, s'apprête à débattre du projet de loi défendue par la Garde des Sceaux, nos députés seraient bien inspirés de se souvenir des principes généreux de leurs aînés de 1981.

Ceux-ci, malgré une opinion publique défavorable, abolirent pourtant la peine de mort. Il fallut pour cela le courage de François Mitterrand qui ne disait pas que ses idées seraient celles du peuple, il fallut la ténacité d'un Robert Badinter pour défendre le projet de loi dès la session supplémentaire de septembre. En effet, au cours du troisième trimestre, les cours d'assises, sachant que de toute façon François Mitterrand grâcierait les condamnés, n'éprouvaient plus de réticence à la prononcer, révélant ainsi publiquement le peu d'exemplarité d'une peine dont ils savaient que manifestement elle ne serait pas appliquée.

Le populisme est un venin nocif pour la démocratie. Surfer dans le sens de l'opinion n'est pas le meilleur service à rendre au peuple, qui serait tenté de toujours demander plus, entraînant le Prince dans une surenchère dangereuse.

Tel est le risque auquel s'expose l'actuel Président. Il eût été le même si sa rivale avait été élue, car, il eût bien fallu qu'elle aborde le terrain du concret s'agissant de l'ordre juste, et quand on sait qu'en la matière, le modèle, c'est Tony Blair, ça voulait peut-être dire abaissement de la responsabilité pénale des mineurs à 10 ans. Quand on a entendu les ahurissantes déclarations sur la célérité de la justice chinoise, et quand on réfléchit un tant soit peu, cela en dit long sur la philosophie judiciaire de l'ex candidate. Mais il est vrai qu'en Chine on applique sans parcimonie la peine de mort et les droits de la défense sont bien minces, quand ils existent. Tel est le modèle que Ségolène Royal aurait peut-être proposé à la France.

Nous exagérons peut-être. Certes. Mais Sarkozy tout comme Royal sont les purs produits d'une philosophie qui n'a rien d'humaniste. C'est d'autant plus paradoxal que tous deux sont avocats de profession. Mais ils n'ont certainement jamais vu de près le quotidien de la délinquance tel qu'il se vit dans les audiences de comparution immédiate, ni approché le tréfonds de la misère humaine tel qu'il se donne à voir dans les procès les plus sordides des cours d'assises où quand on fait l'effort de se mettre à la place des jurés on se dit que l'on juge des hommes, quel qu'ait pu être leur crime, même si cédant à l'instinct vindicatif ce serait tellement plus confortable de n'y voir que des monstres. Sans doute aussi ne voient-ils les victimes qu'à travers le prisme médiatique ou l'intérêt politicien. Il faut avoir au moins avoir suivi de A à Z un procès d'assise pour comprendre que ce n'est pas en enfermant les victimes dans leur statut de victime qu'on les aide à se reconstruire. Il est d'ailleurs illusoire de croire que le procès pénal soit une thérapie pour les victimes, plus exactement pour les parties civiles. Les enjeux en sont tout simplement autres, car ce sont des valeurs collectives et sociales qui sont en jeu.

Ainsi, aborder les questions pénales sous l'angle émotionnel qu'implique toujours la prise en compte univoque du point de vue de la victime conduit presque toujours à l'impasse. La peine la plus sévère, quand bien même elle serait la loi du talion, ne redonne pas vie à des morts.

Beaucoup reste à faire pour irriguer d'humanisme l'opinion publique. Comme la fille du même nom, elle fait sortir la justice du prétoire quand elle y rentre, et elle tire le juge par la manche.

L'angélisme et le tout-répressif ne sont pas des réponses adaptées. La gauche doit tourner le dos résolument à des décennies de culture de l'excuse. La droite ne doit pas oublier que le libéralisme c'est d'abord la foi en la liberté et en la responsabilité. Cela ne peut s'accommoder de l'automaticité des peines.

En ce sujet comme en d'autres, le centre a son mot à dire. La politique sécuritaire (j'emploie ce mot, que je n'aime pas) ne doit pas être laissée en jachère. Ni le blairisme ségolinien ni le durcissement néoconservateur américain ne sont des solutions conformes au génie français.

Est-ce en supprimant 17000 emplois de professeurs que l'on fera de l'enseignement de qualité? Ceci est à bien réfléchir. Car faute d'enseignants qualifiés en nombre suffisant, l'oubli aujourd'hui des écoles risque de conduire demain à la multiplication des prisons et centres d'enfermement pour mineurs. Faute d'une ouverture suffisante des lieux de culture, est-il admissible par exemple que des bibliothèques centrales de grande ville fonctionnent à mi-temps dès le 1er juillet, est-il admissible de voir tant de collèges portes closes à 16h en toutes saisons et les élèves à la rue, alors que des permanences ouvertes en nombre suffisant surveillées par des étudiants rémunérés pour cela permettraient à des élèves de travailler sur place, avec toutes les ressources de l'établissement.

Est-ce en entassant des condamnés en prison que l'on crée les conditions d'une réinsertion durable? La France qui est la lanterne rouge des pays modernes sur ce plan là court le risque de surcharge pénitentiaire, avec tous les risques d'explosion que l'on peut pressentir.

Est-ce en refusant la traditionnelle grâce du 14 juillet, en refusant de faire voter une loi d'amnistie généreuse que l'on fait une politique pénale digne de ce nom?

On dit que l'opinion ne comprendrait pas. Se donne-t-on la peine de lui expliquer qu'une grâce ou une amnistie ne sont pas destinées aux individus les plus dangereux mais à des hommes qui à un moment donné ont failli et que le pardon de la nation aiderait à faire repartir sur le droit chemin?

Les mots de grâce et d'amnistie ne sont pas des gros mots. Faire grâce est en soi un geste fort, et l'ordre social a parfois aussi intérêt à l'oubli des crimes et des délits.

 

28.04.2007

DEBAT SEGOLENE ROYAL - FRANCOIS BAYROU

Samedi 28 avril s'est tenu dans les locaux de l'hôtel Westin un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou.  Afin que chacun puisse se faire sa propre idée, cliquez sur l'écran pour voir et écouter.

 

27.04.2007

DEBAT ENTRE SEGOLENE ROYAL ET FRANCOIS BAYROU

Info très importante:

Après les péripéties que nous connaissons, le refus du Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale et de Canal + de diffuser le débat sollicité par Ségolène Royal et accepté par François Bayrou, la chaîne BFM TV diffusera le débat en direct demain matin samedi 28 avril à 11 heures.

Ce débat pourra être aussi capté sur la station de radion RMC.

Le débat sera filmé dans les salons de l'Hôtel Westin à Paris.

Voici le lien: http://www.bfmtv.fr

Voilà pour les dernières informations.

Sur la forme, l'embrouille médiatique à laquelle l'organisation de ce débat a donné lieu serait comique ou farcesque si ne se greffait pas autour d'inquiétantes suspicions de tous ordres visant à ce qu'il n'ait pas lieu.

Certes, il est regrettable que ce débat ne se soit pas tenu avant le premier tour, ce qui a privé les Français d'une possibilité supplémentaire importante de se faire une idée.

Ségolène Royal a eu l'initiative de la proposition et François Bayrou y a répondu favorablement. Nicolas Sarkozy n'a pas fait d'offre et a opposé une fin de non-recevoir à François Bayrou.

Cela ne lui confère pas pour autant le droit de contrarier l'organisation d'un débat entre son adversaire et le candidat que le premier tour a classé troisième.

Dans la gestion de son temps de parole, chaque candidat est libre de solliciter qui il veut. Si un débat doit s'organiser avec une tierce personne, c'est aux médias d'assurer l'équilibre des temps de parole.

Les tentatives d'intimidation auxquelles nous avons assisté ces derniers jours sont dangereuses pour la démocratie et la liberté de communiquer et de recevoir une information plurielle et non captive.

Que la démarche de Ségolène Royal soit dictée par la nécessité de capter le plus possible de suffrages centristes n'est que trop évident. Cela étant, les électeurs centristes ne sont pas des veaux et n'entendent pas jouer les supplétifs d'un camp après avoir secoué le joug qui l'assujettissait à l'autre.

La stratégie de Sarkozy révèle trivialement la panique d'un candidat aux abois, qui entend choisir jusqu'aux conditions de son élection.

Nous ne saurions oublier le concert bipolaire où il ne fut pas le moins bruyant. Nous ne saurions oublier sa préférence ostensible pour voir Ségolène Royal plutôt que François Bayrou l'affronter au second tour.

Cette stratégie continue aujourd'hui avec le débauchage organisé des députés UDF, les tentatives subreptices de l'UMP de détourner jusqu'au sigle de l'UDF pour entretenir la confusion chez les électeurs.

La démocratie que nous voulons n'est pas celle du muselage. Les citoyens ne sont pas de gentils caniches que l'on promène avec indifférence sur les trottoirs d'une France qui ne se réduit ni à Neuilly ni au XVIème arrondissement de Paris.

La démocratie est libre et multicolore.

Nous sommes heureux que la ligne Maginot idéologique du PS commence à se fissurer, certes sous la pression de l'urgence, et sous l'effet d'une quête des suffrages bien visible.

Mais ne boudons pas ce plaisir. Si le PS, fût-ce au prix d'une scission, comprend que l'avenir n'est pas la contemplation nostalgique de l'esprit d'Epinay ou de la gauche plurielle, ce ne sera pas une mince évolution. Et tant mieux si l'UDF Parti Démocrate y est un tant soit peu pour quelque chose.

Quelle que soit l'issue du second tour, si Nicolas Sarkozy l'emporte, il ne pourra nullement se prévaloir de la totalité de l'électorat centriste, car beaucoup d'entre nous savent de manière certaine pour qui ils ne voteront pas.

Si Ségolène Royal est élue, cela ne sera possible que grâce au vote centriste. Il lui faudra impérieusement en tenir compte.

Quoi qu'il en soit, la position définie par François Bayrou de ne donner aucune consigne de vote est la seule qui permettra à ses électeurs de choisir lors du second tour en totale liberté et connaissance de cause.

Ceux d'entre nous qui voteront néanmoins pour Nicolas Sarkozy ne sont pas pour autant des tenants d'une vision autoritariste et compartimentée de la vie sociale. Je suis certain que c'est avec beaucoup de réserves qu'ils le feront.

Ceux d'entre nous qui voteront pour Ségolène Royal le feront par raison et faute de mieux, et avec beaucoup de réserves eux aussi.

Ceux d'entre nous qui inclinent pour le vote blanc ou la réutilisation du bulletin Bayrou le feront aussi après avoir mûrement débattu avec leur conscience.

Quoi qu'il en soit, l'important sera au mois de Juin d'assurer l'élection du plus grand nombre de députés UDF Parti démocrate.

Pour le salut de la démocratie, et imposer aux hommes et femmes de bonne volonté de travailler ensemble, l'idéal serait qu'aucun des partis UMP et PS n'ait la majorité absolue, et qu'un centre fort soit en mesure d'équilibrer la vie politique.

La voix médiane entre le tout Etat et le libéralisme inhumain existe, c'est celle du centre. C'est celle que propose François Bayrou qui pendant les cinq années qui viennent pourra chaque jour rappeler à l'élu(e) grace à qui il (elle) sera devenu président(e).

Enfin, si l'élection présidentielle n'est pas l'élection du pape, Nicolas Sarkozy serait bien inspiré de méditer ce sage précepte selon lequel qui entre pape au conclave en ressort cardinal.

Qui se croit président avant l'élection risque fort de rester candidat.

 

19.03.2007

Délires de Cohn-Bendit

L'on connaissait depuis longtemps la sympathie de Dany le Rouge pour Ségolène Royal, et sa récente autant que suspecte conversion, mais il n'en demeure pas moins que le sus-nommé aurait sérieusement besoint d'être recadré:

  • tout d'abord sur ses états de services en matière de combat pour l'école depuis quarant ans, comme il le dit dans un article de Libération. Que je sache, Cohn-Bendit s'est plutôt illustré comme lanceur de pavés en un certain mai 68, plutôt que comme pédagogue soucieux de l'école. Que je sache aussi, heureusement qu'il y a prescription, parce que certaines des pratiques benoîtement évoquées dans le même journal vaudraient aujourd'hui pour moins que ça la correctionnelle. C'est étonnant, Ségolène Royal ne semble pas lui avoir donné de leçon d'ordre de juste.
  • Sur sa façon de calculer la charge de travail des enseignants: Cohn-Bendit s'imagine que l'on compte une heure de préparation pour une heure de cours. C'est faux, car précisément la base du décret de 1950 est établie sur la base d'une durée hebdomadaire de 45 heures, calculées comme suit, niveau collèges 1 heure de cours suppose 1h 1/2 de préparation et correction, donc, 18 heures de cours + 18 x 1,50 h, ça fait 45 heures. En lycée, c'est 15 heures de cours pour 2 heures de préparation et correction, donc 15 h de cours + 15x 2h, ça fait là encore 45 heures.

On est donc déjà 10 heures au dessus des 35 heures, et si en plus se rajoute le fait que le salaire annuel des enseignants correspond à une rémunération afférente à 10 mois sur 12 du fait des vacances qui sont en fait des périodes non rémunérées, on voit que ça fait loin du compte, par rapport à des corps de fonctionnaires d'indice équivalent.

Tout ceci pour dire que Cohn-Bendit ferait bien de réfléchir avant de parler. Et si son seul conseil consiste à dire que le PS choisisse entre garder son électorat enseignant et ne pas poser le problème de l'école et poser le problème de l'école et perdre son électorat enseignant, surtout qu'il continue.

Daniel Cohn-Bendit, vous avez parfaitement raison, soutenez, soutenez fort Ségolène Royal, oui, mais comme la corde soutient le pendu.

Continuez à cracher sur les enseignants, nous serons encore plus nombreux à faire sécession et à déserter le vivier potentiel du vote socialiste. Je ne parle pas ici pour moi, car ça fait longtemps que j'ai décidé que je voterai pour Bayrou.

Voici le lien de l'article commenté supra:

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections20...

 

24.02.2007

L'appel de 30 hauts fonctionnaires

Le texte suivant est rédigé par SPARTACUS, un collectif de 30 hauts fonctionnaires en poste dans l'administration centrale de différents ministères.

SOURCE : http://www.liberation.fr/rebonds/236578.FR.php TEXTE REPRODUIT IN EXTENSO

Nous, socialistes et Français de gauche, revendiquons hautement notre soutien à François Bayrou et aux idéaux de rassemblement et de redressement qu'il incarne. Notre détermination, déclarée dès l'automne 2006, s'est encore renforcée depuis les déclarations de candidature de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal.

Les annonces de programme des uns et des autres témoignent d'une erreur de jugement de la situation réelle de notre pays. La candidate du parti socialiste a formulé, le 11 février, 100 propositions en voulant sans doute imiter les 110 propositions de François Mitterrand. Mais la situation de la France en 2007 n'est pas la situation de la France en 1981. Notre pays est endetté et nous vivons déjà, sans nécessairement en être conscients, aux dépens de nos enfants et de nos petits-enfants : près de 1 200 milliards d'euros d'endettement de l'Etat ; 900 milliards d'euros de financement à prévoir pour les retraites ; enfin les collectivités locales elles aussi glissent peu à peu d'une situation saine vers un déficit chronique.

Madame Royal fait des chèques en blanc. Ces cent propositions sont autant de traites tirées sur le «compte France» déjà largement à découvert. Comment seront-elles financées ? Rien n'est précisé. Rien n'est indiqué non plus sur le réaménagement pourtant indispensable de la fiscalité ou sur la question cruciale des retraites. Rien enfin sur les moyens de relancer la croissance qui, seule, permettrait de réduire chômage et déficits publics et de financer l'ensemble de son programme. Mme Royal compte donc gérer la France comme on gère une région ou un département : en augmentant les prélèvements et en créant toujours plus de charges pour la collectivité. Ou bien elle ne s'intéresse guère au chiffrage de son projet donc à son réalisme. La démission d'Eric Besson, secrétaire national du parti socialiste à l'économie, en est une démonstration éclatante. Sa seule réponse consiste à dire que la croissance de l'économie fournira le carburant nécessaire dès son élection. Comme avec une baguette magique, alors même qu'aucune de ses propositions ne prévoit un soutien à la création et au développement des entreprises. Aucune. Cet oubli témoigne d'une méconnaissance vertigineuse de l'économie de notre pays. A moins que cela ne corresponde à une méfiance systématique vis-à-vis des centaines de milliers d'artisans, de professions libérales, de responsables d'entreprises agricoles et commerciales qui sont dans l'attente de mesures simples comme celle proposée par François Bayrou avec l'exonération de charges sociales pour la création de deux emplois par entreprise.

Que dire des propositions de Nicolas Sarkozy ? Sa prodigalité électoraliste vient d'être démentie et corrigée par ses propres amis de l'UMP qui n'en peuvent plus des promesses ciblées et sectorisées par catégories électorales avancées par le ministre-candidat.

Sa mesure phare qui consiste à baisser de quatre points les prélèvements obligatoires par rapport au PIB représente 78 milliards d'euros à financer. L'économiste Thomas Piketty a démontré que cela correspondait à la suppression conjointe de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur la fortune et de l'impôt sur les sociétés. M. Sarkozy nous prépare bien une France sans foi ni loi, une France ultralibérale. Nous constatons que ce programme, Nicolas Sarkozy l'étend maintenant sur dix ans.

Nous, socialistes et Français de gauche, croyons à la voie proposée par François Bayrou. Pourquoi ? Il a été le seul et le premier à poser les vraies questions pour l'avenir de notre pays et à apporter les bonnes réponses :

Notre dette publique nous engage vis-à-vis des générations futures. Il faut revoir le processus de la dépense publique pour plus d'efficacité et donc plus de justice. Et inscrire dans la Constitution le principe d'interdiction d'un déficit des dépenses de fonctionnement de l'Etat.

Notre Education nationale repose sur un corps d'élite. Nos enseignants, de formation initiale et continue, doivent disposer des moyens nécessaires à leur mission. Et plus que tout de notre reconnaissance.

Nos besoins collectifs de tous ordres ; santé, défense, culture, diplomatie... doivent eux aussi faire l'objet d'une protection et d'une sérénité que seul l'idéal de rassemblement de François Bayrou peut incarner dans les circonstances présentes.

Enfin, nous, socialistes et Français de gauche, estimons que le choix incohérent et erratique du parti socialiste conduit la gauche française à son échec pour l'élection présidentielle. Inexorablement.

Pour toutes ces raisons, et malgré notre fidélité à un parti qui a été pendant longtemps un modèle de démocratie interne, nous persistons à penser que seul François Bayrou incarne aujourd'hui l'esprit de courage, de responsabilité et de clairvoyance nécessaire pour redresser la situation de la France. Nous lui faisons confiance pour rassembler enfin les Français autour des valeurs républicaines qui nous sont chères. Pour les électeurs de gauche, le véritable vote utile pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, c'est Bayrou. Lui seul sera en mesure de battre le candidat UMP au deuxième tour de la présidentielle.

 

Quelques commentaires personnels

Au risque de paraître simpliste, rappelons simplement que la situation économique de la France d'aujourd'hui n'a rien de commun avec celle de 1981.

Si Mitterrand a pu mener pendant deux ans le programme que l'on connaît (Nationalisations, mesures sociales, augmentation des effectifs de la Fonction Publique), c'est qu'il y avait de l'argent dans les caisses de l'Etat. En 1980, les rentrées fiscales, essentiellement par l'impôt sur les entreprises, avaient dépassé les prévisions de la loi de finances initiales. Et les experts économistes proches du PS faisaient au moins crédit à Raymond Barre (le seul au demeurant), de laisser des "caisses pleines".

Aujourd'hui qu'en est-il:

  • la dette publique est telle que cela revient à faire peser sur chaque citoyen l'équivalent d'un emprunt immobilier.
  • la fraude à l'impôt représente, de l'aveu même des services fiscaux, l'équivalent du déficit annuel.

Alors, quand Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy décline leurs mirifiques propositions, ou bien ils ne savent pas ce qu'ils disent, et c'est grave, parce que c'est de l'incompétence, ou bien ils le savent très bien, et ce n'est que démagogie et mensonge. Veut-on que les élections présidentielles de 2007 vérifient une fois de plus l'adage qui dit que les promesses n'engagent que ceux qui veulent bien les croire.

L'un comme l'autre tirent des chèques en bois sur le compte de la maison France. Oh certes, dira-t-on, en reprenant l'adage latin cher au juriste, fiscus semper solvendus censetur, le fisc est toujours réputé solvable.

Mais alors qui va payer: l'entreprise? comment alors soutenir et développer l'emploi en France si les charges sont si lourdes que délocalisation, et ses cortèges de plans sociaux et autres emplâtres sur jambes de bois sont jugés plus rentables que l'investissement dans l'emploi.

Les ménages? quelle étroite marge de manoeuvre quand on sait le peu de rapport de l'impôt sur le revenu? Augmenter celui-ci, cela revient à dire que soit les classes moyennes dont le pouvoir d'achat a baissé (de 25 % depuis 1983 pour les fonctionnaires de l'enseignement) seront encore une fois mises à contribution? les bas salaires qui ne seraient plus exonérés de l'impôt sur le revenu? les grandes fortunes, mais chacun sait qu'elles auront vite fait leur compte si l'ISF augmente son assiette, et il ne faudra pas s'étonner alors de leur exode vers des cieux fiscaux plus cléments.

Quand Madame Royal et Monsieur Sarkozy prétendent vouloir remettre la France debout, c'est en réalité un château de cartes qu'ils construisent. L'un comme l'autre considèrent l'électeur de la même façon que le code napoléonien concevait la femme : un être éternellement mineur.

La politique ne peut se construire durablement sur la seule rhétorique, et la magie des mots est cause de désillusion quand les actes ne peuvent pas suivre.

Comment croire par exemple Ségolène Royal pour qui son programme se résume à la pensée magique: "je veux, mon pacte présidentiel, les cercles vertueux, la croissance."

Nous n'attendons pas des candidats qu'ils nous promettent comme naguère Churchill pendant la seconde guerre mondiale "du sang et des larmes", mais simplement l'honnêteté et l'humilité.