04.05.2007
UN REGARD CHRETIEN SUR LE SECOND TOUR ET SES ENJEUX
A titre de dernier message avant le second tour, nous livrons ce propos du Cardinal Philippe BARBARIN, Archevêque de Lyon, publiée sous forme d'interview dans la revue Famille Chrétienne datée du 5 mai.
Le texte intégral en est disponible sur le site Internet de l'Archevêché de Lyon:
http://catholique-lyon.cef.fr/article.php3?id_article=2146
Question : Un électeur peut-il faire valoir l’objection de conscience à cause d’un point du programme ? Est-ce imaginable ?Cardinal BARBARIN : Une telle situation peut se présenter ou s’imposer à la conscience d’un électeur. Il pose alors l’acte politique de ne pas voter ou de voter blanc. Mais il faut qu’il sache que, de toute façon, l’un des deux candidats sera élu. Faire le choix de l’objection de conscience, c’est encore porter une part de responsabilité et estimer que les deux candidats sont également et gravement inadéquats à cette responsabilité, ce qui est à bien réfléchir.
La réflexion du Cardinal Barbarin n'est pas seulement une spéculation abstraite de théologie morale. Il ne s'agit pas non plus d'un traité de casuistique. Disons simplement que cette question de "l'objection de conscience", le non possumus qu'opposaient les premiers chrétiens quand on les sommait de se soumettre aux lois de l'empire romain païen, ont une résonance actuelle et concrète.
La foi chrétienne n'est peut-être pas l'élément déterminant qui induit tel choix plutôt qu'un autre, mais elle constitue un élément de réflexion et de discernement dans cet acte sublime et vertigineux qu'est le vote. Sous le regard de l'Eternel, tout n'est pas possible et l'exigence éthique exige que lorsque que deux options sont intrinsèquement mauvaises, on s'abstienne. Ce choix ne peut jamais être le meilleur, mais il est parfois le moins mauvais.
Il vaut parfois mieux, propter regnum coelorum, à cause du royaume des cieux, ne pas compromettre sa conscience en choisissant parmi plusieurs possibles une option dont on connaît les conséquences prévisibles intrinsèquement mauvaises.
A l'intention du peuple de France, cette première strophe de l'hymne de la pentecôte.
Veni Creator spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia,
Quae tu creasti pectora.
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03.05.2007
DIMANCHE 6 MAI, POUR MOI C'EST NI SEGO NI SARKO
18:18 Publié dans La Campagne au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Anjou, Présidentielles 2007, Ni Ségo Ni Sarko
01.05.2007
NE PAS ABANDONNER LE "NI SARKO NI SEGO" A LE PEN
Si l'UDF Parti démocrate est un parti libre, il lui importe de ne pas donner l'impression de situer sa démarche électorale par rapport aux autres.
Jean-Marie Le Pen vient de donner comme consigne à ses électeurs de "ne prendre aucune responsabilité dans le choix du 6 mai".
Parmi les électeurs de François Bayrou, un certain nombre d'entre nous penche en faveur du vote blanc. Nous savons que cela nous expose au procès d'intention et à l'assimilation de notre choix à celui que Le Pen prescrit à ses propres troupes.
L'UDF a mieux que d'autres fait la preuve de son absence de compromission idéologique avec les thèses du Front National et n'a jamais pactisé avec ses élus.
Dans la campagne du premier tour, tant vis-à-vis de Ségolène Royal que de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, François Bayrou n'a jamais placé son projet et ses discours sous le signe ambigu de l'exaltation nationaliste.
Nous ne pouvons pas en dire autant des deux progagonistes restés en lice pour le second tour, et nous avons en son temps dit ce que nous estimions devoir être dit quant au fétichisme du drapeau tricolore et de la Marseillaise mis en exergue par l'un comme par l'autre.
François Bayrou, et c'est heureux, n'a donné aucune consigne de vote, laissant à ses électeurs le soin de se déterminer comme il est convenable que des grandes personnes le fassent.
Tous les chefs politiques n'en sont pas à une telle hauteur de vue.
Les raisons qui nous font préférer le vote blanc pour ce scrutin-ci n'ont rien à voir avec l'idéologie anti-républicaine de Jean-Marie Le Pen.
Voter blanc est la conséquence que personnellement nous déduisons de notre choix fait au premier tour, et qui est le refus de la bipolarisation.
Pouvons-nous sans état d'âme voter Nicolas Sarkozy et voir reconduire à tous les niveaux l'Etat UMP? prendre le risque d'une société morcelée?
Pouvons-nous sans état d'âme voter Ségolène Royal pour nous retrouver avec un gouvernement dont les centristes seraient exclus, et découvrir que c'est simplement notre suffrage qui l'intéressait?
Ségolène Royal doit donner d'autres garanties par rapport à son programme et à la composition de son gouvernement. Si c'est pour un remake d'une majorité plurielle avec un PCF et des Verts qui ne peuvent se prévaloir d'aucune représentativité, c'est non. Si c'est pour un gouvernement de centre gauche, dont le premier poste serait confié à un centriste du parti démocrate, pourquoi pas? Après tout, le score réalisé par François Bayrou le place dans la position de chef politique incontournable pour la constitution d'une coalition à l'italienne dans l'hypothèse de l'élection de Ségolène Royal.
Mais il importe avant tout de dire soigneusement que nos raisons de voter blanc ne sont pas les mêmes que celles pour lesquelles Jean-Marie Le Pen prône l'abstention. Nous n'accepterons aucun amalgame sur ce point.
La question du vote par défaut en faveur de Ségolène Royal est une autre question. Il reste peu de temps à celle-ci pour donner des gages de sincérité, s'engager à gouverner au centre, chosir un premier ministre dans le parti démocrate et pourquoi pas François Bayrou lui-même.
Cependant, en l'état actuel des choses, ça reste Ni Sarko Ni Ségo...
13:00 Publié dans La Campagne au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielle 2007, Ni Ségo Ni Sarko, vote blanc
25.04.2007
DECLARATION DE F. BAYROU 25-04-2007
François BAYROU a tenu une conférence de presse ce jour mercredi 25 avril à Paris.
Comme nous le pressentions, le candidat centriste s'est refusé à donner des consignes de vote pour le second tour. Il a annoncé en même temps la création du Parti Démocrate, installant ainsi un vrai parti central dans le paysage politique français.
Parallèlement il répond favorablement à la proposition de Ségolène Royal d'une rencontre dans la transparence, et indique qu'il répondra pareillement à Nicolas Sarkozy si celui-ci le demande.
Chacun pourra juger sur pièce en écoutant l'intervention de François Bayrou.
20:55 Publié dans Le Programme de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Anjou, Présidentielles 2007, Ni Ségo Ni Sarko
24.04.2007
COMMENTAIRES ET ANALYSES D'APRES PREMIER TOUR
Voici à présent quelques réflexions d'après premier tour.
Il va sans dire que nous sommes déçus de ne pas voir François Bayrou qualifié pour le second tour. Mais son score lui permet de devenir l'arbitre du second tour.
Cela est si vrai que chacun des deux candidats du duopole UMP-PS rivalise à qui mieux-mieux pour capter l'électorat centriste.
Or le vote centriste est un vote d'électeurs libres, dont cependant les suffrages ne sont pas à vendre.
Autant dire que la présence du duo Ségo Sarko pour le second tour ne nous réjouit pas. L'opposition binaire ne peut nous satisfaire.
Pour avoir préféré le choix passéiste de l'immobilisme et du surtout ne rien changer, la gauche porte une immense responsabilité, comme elle portera une immense responsabilité d'avoir objectivement préféré favoriser le risque de l'élection de Nicolas Sarkozy. La gueule de bois du 7 mai risque fort d'être pire que celle du lendemain du 21 avril 2002, pour la simple raison que Sarkozy s'installera à l'Elysée pour au moins cinq ans.
Pour avoir courtisé dangereusement les voix du Front National, le candidat de l'UMP obère le capital de confiance dont il pouvait espérer bénéficier auprès de certains d'entre nous. Dans ces conditions, pour le deuxième tour, le vote centriste n'est guère sarko-compatible.
Mais si le hasard des urnes portait Ségolène Royal à la magistrature suprême, le harcèlement quotidien de l'opposition UMP, à l'affut de son moindre faux pas, créera très certainement un contexte social tout aussi délétère.
Ségolène Royal ne peut compter sur aucune réserve de voix de gauche, et ce n'est pas la portion congrue des voix de la gauche de la gauche, qui l'aidera, et qui au demeurant pourrait fort bien lui faire défaut en s'abstenant tellement le choix de ceux qui ont voté pour ces petits candidats est tellement peu ségo-compatible.
A la différence de Georges Marchais en 1981, Marie-Georges Buffet ne peut pas faire monter les enchères pour soutenir Ségolène Royal. Cela signifie que l'élection de 2007 n'est pas un remake de 1981. Mitterrand pouvait compter sur une réserve de voix de gauche conséquente, à la différence de Royal aujourd'hui. Et la trahison chiraquienne à l'égard de Giscard a privé le président sortant de 30 % des voix du maire de Paris, lesquelles se sont en catimini reportées sur Mitterrand.
Se pose alors la question du vote centriste.
La configuration à laquelles aboutit ce premier tour n'est pas satisfaisante. Choisir l'un ou l'autre des deux candidats revient à cautionner cette pratique délétère du bipartisme dont il faudra bien un jour liquider les fruits empoisonnés.
C'est pourquoi, nous tenons à dire, qu'il n'y a rien à négocier pour le second tour, ni avec Sarkozy, ni avec Royal.
Le premier, dont les idées ne sont pas les nôtres, reste un choix inquiétant. La seconde ne semble pas conceptuellement capable de comprendre que pour récupérer les voix centristes, il faut d'urgence changer de discours.
Est-il possible pour le deuxième tour de signer à aucun des deux un chèque en blanc? Certainement pas. Nous ne pouvons pas avoir vitupéré avec tant d'énergie leur narcissisme outrancier, leur démagogie scandaleuse, pour ne pas en tirer les conséquences au second tour.
Au delà de ce deuxième tour blanc bonnet, bonnet blanc, c'est la préparation des législatives qui s'impose. Tout doit être fait pour que ni l'UMP, ni le PS, n'ait la majorité à soi seul et qu'un groupe le plus important possible de députés centristes soit élu à l'assmblée nationale.
Quoi qu'il en soit, nous ne doutons pas un seul instant que François Bayrou saura nous guider au delà de ce second tour. Face à ce duo des jumeaux UMP et PS, notre ligne doit êrte cohérente avec les principes qui nous ont guidés dans cette campagne.
La question que nous devons nous poser est de savoir si nous devons inéluctablement contribuer en votant pour l'un ou l'autre à l'inévitable élection de l'un des deux.
Le Ni Sarko ni Ségo n'est plus une alternative possible, en termes de résultat du scrutin, puisque ce sera ou l'un ou l'autre, mais à mon sens nous devons garder la liberté de ne donner nos voix ni à l'un ni à l'autre, en glissant un bulletin blanc dans l'urne ou - mieux encore - si nous l'avons conservé, en utilisant le bulletin au nom de François Bayrou, envoyé avant le premier tour en même temps que les adresses des candidats aux électeurs.
Un nombre massif de bulletins blancs ou porteurs du nom de François BAYROU constituera le meilleur message à l'adresse du président que le vote désignera.
Cependant, étant donné que ce choix du vote nul peut heurter les principes démocratiques qui sont les nôtres et que certains d'entre nous auront préféré choisir, le candidat élu ne devra pas oublier qu'il devra son élection aux votes d'une partie des électeurs de François BAYROU. Il serait tout simplement suicidaire qu'il se refusât à en tenir compte.
Puisse chaque jour le président nouvellement élu entendre les mânes de l'Elysée lui rappeler chaque matin lorsqu'il se rasera ou lorqu'elle sera à sa toilette, qu'il lui faut se souvenir des centristes et ne pas les décevoir.
De plus, le score de François BAYROU porte la preuve éclatante qu'il existe désormais une sensibilité centriste qui ne se résoudra jamais à accepter d'être simplement le supplétif ni du PS, ni de l'UMP.
Sans préjuger de ce que sera la suite, d'ores et déjà nous pouvons affirmer que l'UDF est bien vivante et que les devins et les prophètes de mauvais augure qui théorisaient sur sa mort à petit-feu, ou sur son explosion en vol du fait de ce scrutin présidentiel en sont pour leurs frais.
20:55 Publié dans La Campagne au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielle 2007, Ni Ségo Ni Sarko
17.04.2007
Deux images pour bien vous inspirer
Certes, le montage c'est du travail de gros amateur.
Mais je ne pouvais pas résister au plaisir de cette petite manipulation d'images.
En effet, entre François Mitterrand et François Bayrou, il n'y a pas que le prénom qui est commun.
Il y a aussi l'amour de notre belle langue française.
Le goût pour ces terres aquitaines et béarnaises. Latche pour Mitterrand. Bordères pour Bayrou.
Mais aussi il y a Jarnac, tombeau de François Mitterrand. Pour cela il faut faire un détour par l'histoire. Henri IV, roi cher à notre candidat préféré (ben quoi, j'ai bien le droit d'avoir mon candidat préféré, ce d'autant plus que je ne me suis jamais compté au nombre des Français pour qui Ségolène d'après la presse était le candidat préféré...), a pris la tête du parti des protestants après l'assassinat du duc de Condé à Jarnac.
Et maintenant que la force du tracteur soit toujours avec nous.
Virtus tractoris sit semper nobiscum.
20:25 Publié dans La Campagne au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Président, La force tranquille, Tout sauf Le Pen, Ni Ségo ni Sarko
15.04.2007
Le vote inutile
Les récentes déclarations de Michel Rocard et de Bernard Kouchner sont certes critiquables car elles appellent à une sorte d'apparentement PS-UDF avant le premier tour.
Or, ce serait forcer la main des électeurs que d'annoncer d'emblée un désistement.
Mais ces déclarations font au moins apparaître une évidence:
Pour battre l'extrême droite et la droite, voter Ségolène Royal, c'est voter INUTILE et c'est envoyer Sarkozy pour cinq ans à l'Elysée.
Beau résultat, qui ne serait que la conséquence du narcissime éhonté de la candidate du PS incapable de sortir de son autisme politique.
La seule démarche rationnelle consiste à se fier au bon sens des électeurs, qui eux sauront prendre leurs responsabilités et choisir dès dimanche 22 avril celui qui est le mieux placé pour battre Nicolas Sarkozy, à savoir François Bayrou.
19:30 Publié dans La Campagne au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Ni Ségo ni Sarko, Ségolène un vote INUTILE ET PERDU
09.04.2007
François Bayrou à Angers le 11 avril 2007 Rappel
François BAYROU sera à Angers le mercredi 11 avril, au parc des expositions, à 18h30.
C'est pour la cité du Roi René un honneur insigne et un témoignage de reconnaissance pour cette terre centriste qu'est l'Anjou.
Ce que propose François Bayrou pour la France, ce n'est pas une utopie pour les Angevins qui ont vu oeuvrer au Département le Président Jean Sauvage, un authentique centriste démocrate chrétien et qui ont vu oeuvrer Jean Monnier à la Mairie d'Angers. L'un comme l'autre, authentiques centristes, ont su faire taire les logiques d'appareil et privilégié le bien commun.
Ce qui a été possible dans le département, ce qui a été possibleà la Ville d'Angers, ce qui se vit encore dans maintes communes rurales de l'Anjou est un exemple pour la France.
L'élection présidentielle de 2007 ne se réduit pas à un choix manichéen entre la droite et la gauche. Elle ne peut pas être l'élection préfabriquée et imposée aux électeurs qui seraient privés de leur droit de choisir le candidat qui offre la meilleur adéquation entre sa personne, ses idées et son projet pour la France.
Continuer à réduire l'élection à un second tour décidé d'avance entre Ségo et Sarko est un véritable viol de consciences.
La droite dure qui fait les yeux doux à Le Pen, son clone de la gauche caviar étatiste et crypto national-réactionnaire ne constituent pas des projets crédibles qui puissent faire sortir la France du marasme.
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy par leur personnalité, leur discours et leur projet anxiogène porteraient la lourde responsabilité de l'aggravation du déficit de la sécurité sociale, car il y a fort à parier qu'en peu de temps, c'est toute la France qui se retrouverait sous tranquilisants. La perspective de cinq ans de Ségo ou de Sarko est tout aussi anxiogène.
Le seul moyen de l'éviter, c'est de voter massivement pour François Bayrou dès le premier tour, sans état d'âme, mais résolument, et dans l'enthousiasme.
Soyons donc nombreux mercredi 11 avril autour de François Bayrou à Angers.
Pas une seule voix ne doit manquer à son nom le 22 avril et le 6 mai.
19:45 Publié dans Le Programme de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Anjou, Meeting, 11 avril, Ni Ségo Ni Sarko
04.04.2007
J'ouvre mes oreilles, j'allume la télé, et je vote Bayrou
Curieux article que celui du Monde du 3 avril 2007, intitulé, "je me bouche les oreilles, je ferme la télé et je vote Ségo".
Il y a comme un côté un peu masochiste à raisonner comme l'autruche de gauche, qui n'aime pas trop Ségolène, mais qui les yeux fermés et les oreilles bouchées va voter pour elle, le doigt sur la couture du pantalon ou de la jupe.
Si la sincérité des idées est louable, comment voter pour un candidat, surtout au premier tour, à contre-coeur, alors que d'autres choix sont possibles.
C'est dire à quel point le ménage à trois Ségo-Sarko-Média conditionne les esprits comme si le premier tour n'avait pas de raison d'exister. Le choix des qualifiés pour le second tour n'appartient pas à cette chimère, mais au peuple français.
Plus profondément, il y a comme des relents d'esprit pénitentiel à voter Ségolène, comme s'il s'agissait - dans une certaine franche de la gauche - de se punir en connaissance de cause d'un errement d'avril 2002 dont on aurait à force de se faire bourrer le mou, intériorisé toute la culpabilité.
Décidément, cette démarche est bien étonnante. On sait qu'en votant contre son coeur on va en prendre pour cinq ans d'ordre juste, ou de bonapartisme sarkosien, mais entre les deux, la différence est tout simplement celle qui distingue Eve d'Adam, ni plus ni moins. La preuve, Ségolène ne parle pas de son adversaire mais de son partenaire du débat démocratique, et à les entendre, ils se comportent exactement comme Adam et Eve après la consommation du fruit défendu, "C'est pas moi, c'est elle". "Ce n'est pas moi, c'est le serpent qui m'a séduite".
Triste époque, où voter se réduirait à porter le cilice et à s'autoflageller.
Lorsque la vie politique se fonde sur le mea culpisme, l'esprit de repentance collective, cela donne la France de Vichy. Et d'ailleurs, nous en sommes tout prêts avec cette obsession du drapeau et de l'identité nationale.
D'ailleurs, un signe qui ne trompe pas, la couleur de la Ségosphère, comme celle de la couverture du livre de Ségolène, c'est le violet, couleur de la pénitence dans la symbolique liturgique, et couleur de la cupidité dans la symbolique médiévale (la couleur du billet de 500 € que seuls les français de très haut ont vu face à face...).
S'il nous reste un tant soit peu de socialisme, ce n'est pas du côté de Ségolène Royal qu'il faut le chercher, seul en subsiste l'initiale du nom d'un parti.
J'en reviens donc à mon sujet, et plus sérieusement. Voter les oreilles bouchées, droit dans ses bottes, n'est-ce pas le premier pas vers l'asservissement, vers l'abdication.
La première étape de la servitude est souvent volontaire, puis après, parce que "ni le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face" (La Rochefoucauld), l'on met sa tête dans sable, et l'on croit s"en tirer en confessant benoitement que l'on ne savait pas.
Aujourd'hui, ce n'est pas comme si face au socialisme qui n'en a plus que le nom de Ségolène Royal, il n'y avait que l'alternative de la droite dure façon Sarkozy.
Un autre choix est possible, et il repose sur un pari tout simple, à savoir que nous avons tout à y gagner.
Alors, balayons d'un revers toutes les objections entendues ces derniers jours:
François Bayrou est seul. Mais, en 1958, alors que l'existence de la forme démocratique du gouvernement de la France, De Gaulle était seul. Cela n'a pas empêché la France de lui faire confiance. Certes, l'heure n'est pas la même.
Mitterrand au départ fut aussi un homme seul.
Mais aujourd'hui, les adversaires de Bayrou sont eux aussi bien seuls, et cultivent cette solitude.
L'hypertrophie du moi dont font montre Ségolène et Nicolas, la mise en scène de leurs réunions, illustrent bien leur ambition profonde: l'exercice solitaire du pouvoir.
Et ce que ne disent pas les média, pris au piège de cet inceste avec l'UMP et le PS, c'est que la Chiraquie n'a pas dit son dernier mot, et que l'on peut lui faire totalement confiance pour la mise à exécution d'une trahison mûrement calculée. Ce que ne disent pas non plus les media, c'est qu'à force de juger le PS encombrant, et de privilégier la démagogie verbaliste avec un peuple choisi, Ségolène Royal est tout aussi isolée. Ni l'un ni l'autre, en raison de leur caractère ne sauront fédérer autour d'eux d'énergies, ils trouveront sans peine des valets, des courtisans, qui du jour au lendemain se retrouveront misérables. Le "qui connaît Monsieur Besson?", est tout aussi méprisant que le regard de Louis XIV éliminant les courtisans qui ne seront pas du déplacement à Marly.
Enfin, c'est bel et bien se boucher les oreilles que de ne pas voir à quel point est important le besoin de changement. Cela passera par ces femmes neuves, ces hommes neufs qui pour le moment loin des paillettes et des faux brillants de la médiacratie creusent tranquillement leur sillon. Ce sont elles, ce sont eux, que les législatives révèleront au mois de juin.
Pour conclure, l'alternative est simple. Ou restons surplace avec le tripole Ségo-Sarko-Média. Ou changeons avec Bayrou.
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02.04.2007
Ségolène Royal sait-elle ce que donner veut dire
Ce n'est certainement pas le premier ni le dernier cours de langue française à l'adresse de Ségolène Royal que je professerai ici.
L'un de ses arguments récurrents est le fameux "donnant-donnant". Or, le don, s'il attend ou exige quelque chose en retour, ce n'en est plus un. C'est un troc, ou une relation commerciale, et dans sa vertu civilisée, un contrat.
L'on peut très bien admettre que toute aide soit associée à une contrepartie, mais que l'on ne présente pas la chose comme un don quand ça n'en est pas un.
Il est juste et équitable de s'interroger sur le bien fondé d'une allocation chômage qui n'est pas associée à une démarche de recherche d'emploi.
Il est de la dignité de son bénéficiaire que celle-ci ne se confonde pas avec la charité dans ce qu'elle peut avoir de condescendant.
Mais si celle-ci est accompagnée d'une contrepartie, nous ne sommes pas dans le registre du don, mais de l'échange.
Il faut donc cesser de mélanger le vocabulaire affectif, sentimental ou religieux et les réalités économiques dont les moteurs sont les flux de production et d'échange.
Claironner sans arrêt le "donnant-donnant" est en outre une forme de culpabilisation implicite des bénéficiaires potentiels des aides. Est-il digne pour un candidat à la présidence de la République de stigmatiser autant ceux qui sont dans le besoin ou la gêne? Ce n'est ni plus ni moins que de l'idéologie libérale transfusée dans un socialisme moribond.
A la veille d'une possible et nécessaire recomposition du paysage politique français, peut-être ne serait-il pas inopportun de rappeler l'un des fondamentaux de la démocratie chrétienne: la générosité sociale désintéressée.
Nous sommes du centre, nous sommes démocrates sociaux, n'ayons pas honte de notre composante chrétienne. Après tout, nous sommes les héritiers de Frédéric Ozanam, des pionniers du Sillon, et des Chrétiens démocrates des années cinquante.
Le discours social de Ségolène Royal n'est pas notre tradition, pas plus que celui-de Sarkozy qu'elle s'amuse à cloner et nous ne devons pas avoir honte de le dire.
Que la force du tracteur soit en nous.
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