09.02.2008

A PROPOS DU CALENDRIER LATIN

Afin d'éclairer certains propos sybillins d'un précédent billet où j'ai fait allusion au calendrier latin, je donne les précisions que voici: extrait de http://www.prima-elementa.fr/chap28.html

1 - Le calendrier romain

 Les douze mois de l'année sont des adjectifs pris comme noms (mensis étant alors sous-entendu). Ils portent les noms suivants : 
 
 

 Martius  mars................................
 Aprilis  avril
 Maius  mai
 Junius  juin
 Quinctilis puis Julius  juillet
 Sextilis puis Augustus...  août
 September  septembre
 October  octobre
 November  novembre
 December  décembre
 Januarius  janvier
 Februarius  février

     L'année commençait primitivement le premier mars. D'où September, October..., septième, huitième (mois). Le mois Quinctilis a été nommé Julius en l'honneur de Jules César; Augustus a remplacé Sextilis en l'honneur d'Auguste. 
 
                  Chaque mois comporte trois dates importantes :
  • Kalendae (calendae), les calendes, le 1er du mois.
  • Nonae, les nones, le 5 ou le 7 du mois, le neuvième avant les ides.
  • Idus, les ides, le 13 ou le 15 du mois.

Remarque : 
           En mars, mai, juillet, octobre, les nones tombent le 7 et les ides le 15. Les nones portent bien leur nom (nonus : neuvième; le neuvième jour avant les ides).

           On compte le nombre de jours avant les calendes, les nones ou les ides. Le jour de ces trois repères est compris dans ce calcul, si bien que la veille est en réalité le deuxième, l'avant-veille, le troisième, et ainsi de suite.
                    La veille se dit pridie + accusatif :
        - pridie Kalendas Februarias (pridie Kal. Febr.) : la veille des calendes de février, le 31 janvier.

           Au lieu de dire die tertio ante Kalendas Februarias, on place ante tout au début et l'ensemble est à l'accusatif :
        - ante diem tertium Kalendas Februarias, (a. d. III Kal. Febr.) : le troisième jour avant les calendes de février, le 30 janvier.

Et commentant ma vision de la consistance du vide de la salle Chanzy le 8 février à 20h43, j'ai fait allusion aux ides de Mars, jour de l'assassinat de César, et aux ides du mois précédent, faisant le lien avec l'absence remarquable de l'ancien maire d'Angers à Chanzy, le tout greffé d'une citation latine que j'imagine sous la bouche du maire sortant pensant Toi aussi mon père..

Voilà pour l'explication de texte. Ce commentaire ne concernait pas d'autre personne que le maire sortant.

 

11.12.2007

UN PEU DE PUBLICITE

Un peu de publicité, pour un livre qui mérite à plus d'un titre d'être lu.

Henri IV, le Roi Libre

Cliquez sur l'image, et vous y apprendrez la date de ma première rencontre avec François Bayrou.

A cette époque-là, il était Ministre de l'Education Nationale, et je n'étais pas à l'UDF. La date correspond à celle de la séance de dédicace qui avait eu lieu à la librairie Richer.

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28.11.2007

VILLIERS LE BEL

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On parle beaucoup de Villiers le Bel ces jours ci, le nom de ce village de la région parisienne évoque pour moi tout autre chose.

Pour les détails, car je sais que bien de mes lecteurs assidus partagent avec moi cette passion du roi des instruments, voici le lien vers le site du facteur d'orgues.

http://www.atelier-quoirin.com/Villiers.htm

Quel lien avec le sujet central du blog?

D'abord, un peu d'optimisme dans notre monde qui en a tant besoin.

Ensuite, pour les édiles qui d'aventure l'ignoreraient et dont les noms sortiront des urnes, au soir du 16 mars, les orgues, instruments affectés au culte, sont aussi des immeubles par destination, font partie du patrimoine communal au même titre que les églises construites avant 1905.

 

 

 

BANLIEUES EN FEU

Lors des échauffourées de ces dernières jours, une bibliothèque a été incendiée.

Voici ces quelques lignes de Victor Hugo, écrites en 1872, un an après la commune de Paris, épisode tragique s'il en fut, où une bibliothèque fut incendiée.

Oui, une fois n'est pas coutume, ma Muse, qui souvent parle grec et latin, parle en français.

Puissent ses lignes contribuer à la réflexion, tant celle de ces Erostrates des temps modernes que des puissants qui nous gouvernent, et ceux pour qui l'occasion serait trop belle de jeter de l'huile sur le feu du chaudron politique.

France, qu'as-tu fait de tes banlieues?

A l'incendiaire, puisse-t-il un jour prendre la mesure de l'inanité de son acte.

Au politique qui à l'inaction durable doit faire succéder les actes.

A Victor Hugo, qui a si bien dit tant de choses.

 A qui la faute?

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?
- Oui.
J'ai mis le feu là.
- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,
Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d'esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître
À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un noeud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !
- Je ne sais pas lire.

 

22.10.2007

POUR GARDER MEMOIRE

Aujourd'hui, 22 octobre, voici maintenant 63 ans, Guy Môquet, un jeune résistant de 17 ans était fusillé en compagnie d'autres otages parce que l'occupant allemand avait exigé la mise à mort d'otages suite à l'assassinat d'un militaire allemand.

Après sa mort, la lettre de Guy Môquet est devenue un objet de mémoire collective.

A l'heure où dans tous les lycées de France, cette lettre devrait être lue, car c'est bel et bien la mission du système  scolaire que de transmettre la mémoire du passé aux générations qui suivent, nous reproduisons cette lettre:

"Ma petite maman chérie,

mon tout petit frère adoré,

mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime.

 

Guy

Il est fort regrettable que la décision du président de la République de faire lire cette lettre dans tous les lycées de France ait fait l'objet d'une polémique que je juge incompréhensible et déplacée.

La mémoire de la geste héroïque de la Résistance est notre patrimoine commun. Nul ne doit l'oublier.

Il est choquant que sous prétexte d'hostilité irréductible au président de la république, démocratiquement élu, d'aucuns se croient autorisés à instrumentaliser l'enseignement de l'histoire dans le sens qui les arrange. C'est-àt-dire celui du dévoiement politicien.

Il est particulièrement choquant de voir des syndicats en appeler à une sorte de désobéissance civile alors que rien dans la circonstance présente ne le justifie.

Ce n'est pas là la conception que j'ai de mon métier.

La décision du maire de ma ville natale, Limoges, une ville si marquée par la résistance, et dont la région paya son tribut à la barbarie hitlérienne, puisque non loin d'elle se trouve le village martyr d'Oradour sur Glane, de ne pas participer à la commémoration du 22 octobre est proprement incompréhensible.

Si les hommes politiques, les enseignants pratiquent la sélectivité mémorielle, où va-t-on?

Or j'ai connu dans mon adolescence limousine des hommes et des femmes de gauche valables, qui ne seraient certainement pas laissés guider par le ressentiment à l'égard d'un président qui n'est pas celui de leur coeur, et pour qui la mémoire patriotique eût été le premier des devoirs.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, sur ce blog, j'ai décidé de reproduire la lettre de Guy Môquet.

Pour que l'on n'oublie pas son sacrifice et celui de ses compagnons.

Si la France est un pays libre, c'est parce que sur son sol, des hommes, des femmes de tous âges, de toutes conditions ont dit non, et l'ont payé du prix de leur sang.

Je n'oublie pas. Lorsque je passai le baccalauréat, le sujet sur lequel je choisis de composer était "Quelque chose peut-il mériter le sacrifice de sa propre vie?".

A plus de vingt ans de distance, je ne me souviens plus si j'ai choisi d'évoquer la lettre de Guy Môquet, mais, c'eût été assurément un bon exemple.

Raison de plus pour ne pas priver les lycéens d'aujourd'hui de sa connaissance.

Philippe JOUSSAIN

Professeur de Lettres classiques

Ancien lauréat national du Concours Scolaire de la Résistance et de la Déportation

Premier Prix départemental niveau 3ème (1981 département de la Haute-Vienne).

 

10.09.2007

UN PEU D'HISTOIRE CONTEMPORAINE

Quelques propos inspirés par l'histoire récente.

La presse quotidienne a évoqué un point de l'histoire de France généralement ignoré. Voici trente ans en effet, pour la dernière fois un condamné à mort était exécuté en France. C'était Hamida Djandoubi, déclaré coupable par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône du meurtre avec préméditation d'une femme qui refusait de se prostituer pour lui. Il fut exécuté le 10 septembre 1977 à l'heure où blémit le matin dans la cour de la prison des Baumettes à Marseille, où un an auparavant le 28 juillet 1976 était tombée la tête de Christian Rannucci sur le procès duquel planent encore aujourd'hui bien des zones d'ombre.

Quatre ans après, Robert Badinter alors Garde des Sceaux s'apprêtait à présenter devant le parlement le projet de loi d'abolition de la peine de mort en temps de paix, premier acte d'une longue série de gestes fort dont le dernier revient au président Chirac qui tint à faire graver dans le marbre de la Constitution la formule selon laquelle nul ne sera condamné à mort.

A l'heure où sous couvert de compassion victimisante, d'aucuns plaident l'éradication définitive des criminels sexuels de la société des hommes, voire l'application de la peine de mort sans pour autant le dire ouvertement ou en faisant l'apologie de la justice chinoise si prompte à l'appliquer comme le fit naguère une certaine Ségolène Royal dont j'espère que l'histoire ne retiendra qu'elle ne fut qu'une seule fois candidate à l'élection présidentielle faute pour le PS d'avoir désigné un candidat intelligent, il convient de faire l'éloge de l'esprit d'apercevance de François Mitterrand. L'époque n'était pas alors au populisme où pour avoir quelque audience il fallait que le candidat à la présidence se transmuât en aspirateur ramasse miettes des remugles de l'opinion publique et en vidangeur de caniveaux idéologiques, loin de tout cela François Mitterrand avait dit ce qu'il ferait. Il fit ce qu'il avait dit.

Cela mérite d'être signalé surtout à une époque où celle qui un temps se targua de son héritage crut qu'il suffisait pour séduire l'électorat de lui donner l'illusion d'être lui-même l'auteur de ce ramassis hétéroclite de bavardage du café du commerce pompeusement habillé des illusoires parements de la démocratie participative.

Revenons à notre propos initial, car ce n'est pas propos oiseux que d'exhorter la justice à l'humanisme. Il fut un temps où périodiquement le Prince venait ouïr la mercuriale.

Princes qui nous gouvernez, entendez la voix de la Raison. Celle-ci ne vous commande d'inventer des lois sous la dictée de l'émotion. Commencez par appliquer celles qui existent, et donnez à ceux qui les appliquent les moyens de leur tâche. Cessez de croire que la Justice est une thérapie pour les victimes, et arrêtez de le leur faire croire. La raison en est simple. Si l'on adopte le point de la victime, aucun chatiement ne saurait compenser le pretium doloris, cela signifie donc que la Justice pénale n'a pas pour fonction la réparation individuelle des victimes, mais de prémunir la société et de chatier les coupables, en visant autant que faire se peut leur amendement et leur réinsertion dans la société.

Punir ne suffit pas, il faut oeuvrer à la réhabilitation et à la réinsertion. Puissants qui nous gouvernez, dites vous de temps en temps, que vous avez tous un frère d'ombre, et une soeur d'ombre, et qu'il s'en faut parfois de très peu que votre itinéraire soit celui que vous vivez. Il suffit parfois de si peu pour sombrer.

TOUT CELA DEVRAIT VOUS INCITER A LA MODESTIE.

Puissiez-vous de temps en temps vous appliquer à vous même ce précepte qui constitue l'intitulé de ce blog, In Medio Stat Virtus, au milieu est le courage. Oui, la vertu politique répugne aux solutions extrêmes, et elle est affaire de patients compromis. Le mérite n'est pas tant de savoir écouter les objections de vos amis politiques, quoique parfois ceux-ci peuvent être vos pires ennemis, que de prendre en compte les propositions de vos adversaires, pourvu que ceux-ci renoncent évidemment à l'opposition stérile et obscurantiste.

La tâche est exigeante car à ceux à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé.