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10.11.2007
LE CENTRE REUNI A ANGERS
Même si cette annonce ne nous surprend guère, sinon par sa célérité, il y a lieu de se féliciter de la démarche de Michelle Moreau.
Au lieu du confort de l'habitude, cette grande dame d'Angers privilégie le risque pour servir et aimer.
Ne boudons donc pas notre plaisir et laissons les orfraies crier à la trahison et à la félonie, perdre temps et énergies à l'illusoire chasse aux Judas et aux Ganelons.
Michelle Moreau apportera beaucoup au parti des angevins. Comme elle l'a toujours fait depuis qu'elle avait accepté de faire une partie de chemin avec Jean Monnier.
Or ce chemin a été transformé en impasse. Lorsque l'on veut servir, il faut avoir le courage de bifurquer avant de foncer dans le mur, même si c'est en adoptant les moyens de déplacement doux. La transformation en impasse, c'est précisément ce qui est entrain d'arriver à la belle ouvrage tissée par Jean Monnier naguère. Certains l'ont compris, comme Michelle Moreau, comme Hervé Carré.
Michelle Moreau va jusqu'au bout de sa démarche et rejoint donc Christophe Béchu, préférant un engagement difficile à la quiétude que lui aurait prodigué son retrait des choses de la cité.
Pour l'UDF-Modem qui depuis des années n'a pas ménagé ses efforts pour la réunification de la famille centriste, il y a là un motif de satisfaction, même si le ralliement de Michelle Moreau n'en est pas le résultat direct.
Laissons parler Laurent Gérault, à qui Ouest France a laissé un espace de parole, à la différence du Courrier de l'Ouest qui laisse entendre de façon fallacieuse un son de cloche qui n'est pas celui de la majorité de la section centriste angevine.
http://www.angers.maville.com/-Et-si-elle-visait-le-faute...
Laurent Gérault : « La famille centriste enfin réunie... » C'est pour Laurent Gérault « une excellente nouvelle pour Angers et notre famille politique ». Il se dit « heureux de pouvoir travailler avec Michelle Moreau. On montre aux Angevins que l'on peut se rassembler. Que des gens qui ont les mêmes valeurs humanistes peuvent travailler ensemble. Michelle Moreau est un atout : elle a l'expérience des quartiers ». Gérault et Moreau réunis : y a-t-il un centriste de trop au sein de cette équipe ? « Non. La famille centriste est réunie à Angers. Cela faisait des années qu'elle ne l'était pas. C'est plutôt bien non · » Pense-t-il qu'un « deal » entre Béchu et Moreau a été passé pour négocier le fauteuil de maire en cas de promotion du premier ? « Je ne pense pas, pour avoir travaillé avec Christophe Béchu... »
Je me garderai bien d'évoquer la réaction pathétique d'Alain F. lequel, dans le même article, procède à une bien étrange revisitation du passé d'Angers. Depuis le balcon du ciel qu'ils ont désormais rejoint, Jean Turc, Jean Sauvage, et Auguste Chupin doivent regarder avec amusement et dérision les gesticulations micromosmiques de ceux qui voudraient être plus bayrouistes que Bayrou. Je ne sais pas si à Angers le temps des prophètes est révolu. Personnellement, je ne le pense pas, et ma conviction est que Béchu, Moreau et Gérault sont prophètes en leur pays.
Libres aux déçus de croire qu'ils sont la vox clamantis in deserto (voix de celui qui crie dans le désert). Je n'étais pas à Angers en 1977, certes. Mais en ce temps là, l'aile marchante de la démocratie chrétienne avait plutôt le coeur à gauche, pour faire simple, et si les désunions de la droite et du centre droit ont facilité les choses, il est faux de croire que la mairie est tombée toute cuite dans l'escarcelle de Jean Monnier. Il a sans doute profité des circonstances, mais n'aurait pas été élu, s'il n'y avait pas eu quelques effluves de la vague rose. A cette même occasion, d'autres villes de l'Ouest étaient tombées: Rennes, La Roche sur Yon... L'extension des villes, le développement des maisons de quartier, et la majorité abaissé à dix-huit ans avaient modifié la structure du corps électoral. Les querelles de gribouille de l'époque l'ont aidé, et pour le reste, comme l'on dit, la mitre fit l'évêque, et très vite, se mit en place le monniérisme.
O certes, l'on chanta l'Internationale devant la salle Chemellier un dimanche soir de mars 1977 et des adjoints communistes firent leur entrée au conseil municipal. Mais à l'occasion d'une broutille, Jean Monnier avait décidé de leur retirer leurs délégations, ce qui lui permit de les évincer de sa liste lors des élections de 1983, où il gagna la bataille avec une liste de socialistes et de personnalités locales de la société civile, se moquant comme d'une guigne des oukases de la rue de Solférino et faisant autant de cas de sa carte du PS que de son premier col marin. Chacun savait alors ce qu'il en était et que le monniérisme c'était quelque chose qui n'avait plus rien à voir avec les outrances de l'Union de la Gauche, ce d'autant plus que en 1989, la liste s'ouvrait aux Centristes.
Puis advint ce que nous connaissons, le monniérisme survécut tant bien que mal à son père fondateur. Il en garda les apparences pendant un certain temps, mais il est à peu près certain que ce sont les suites des élections régionales de 2004 qui en ont sonné le glas, avec les effets pernicieux conjugués tout à la fois de l'influence des éminences grises politisées du cabinet, filtrant le contact entre le maire et les adjoints (Lisez Hervé Carré) et du cumul par le maire de deux autres fonctions le rendant moins disponible pour la ville: la présidence du Conseil d'Agglomération et l'une des vice-présidences de la Région.
Jean Monnier en effet à la différence des autres a su pratiquer l'ouverture au centre, et s'il n'avait pas vidé les communistes en 1983, s'il n'avait pas rallié les centristes autour de Martial Vié et Michelle Moreau en 1989, la mairie d'Angers serait tombée de l'autre côté beaucoup plus tôt croyons-nous.
Aujourd'hui la donne a changé.
Il est grand temps que les Angevins, et les centristes en premier lieu, admettent que la liste qui est en train de se construire autour de Michelle Moreau, Laurent Gérault, Christophe Béchu ne s'écrira pas dans un sous sol de l'Elysée.
Pas plus Michelle Moreau que Laurent Gérault n'ont vocation de bête à cornes dont on exhiberait les têtes comme trophées de chasse comme on le fait dans les manoirs des hobereaux de l'Anjou.
Christophe Béchu, s'il est chasseur, n'a peut-être pas besoin de ça pour satisfaire sa passion pour la vraie chasse (nous ne sommes pas loin de la Saint Hubert...).
Nous parlions jusqu'à présent de tandem, nous avons à présent un tricycle, mais ce n'est que le premier véhicule que l'on pilote quand on est enfant.
Connaîtrons-nous le 4x4 si Hervé Carré franchit à son tour le Rubicon? Ce serait alors le Carré d'As.
Angers le vaut bien.
"Risquer, Servir, Aimer"
20:40 Publié dans MUNICIPALES 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Angers, Municipales 2008, alliances, Christophe Béchu, Laurent Gérault, Michelle Moreau, Centre




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