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07.11.2007
A PROPOS D'UN SONDAGE
Un récent sondage commandité par Kheolia et la presse locale sur la base d'un échantillon représentatif de 504 angevins donne les résultats suivants si le second tour des élections municipales avait lieu ces jours-ci: 52 % pour le maire sortant Jean-Claude Antonini, et 48% pour Christophe Béchu, le talentueux président du conseil général.
Cependant, il faudrait relativiser ce sondage, car nous connaissons tous les limites de cet exercice de style sans lequel une campagne électorale n'en serait pas une. Je veux croire que dans tout vote il y a quelque chose d'irréductible et qui échappe à toute prédictivité, c'est ce que décide l'électeur dans l'intimité de l'isoloir.
Nous ne croyons pas au déterminisme qui ferait qu'en fonction de sa profession ou de son lieu de vie on vote les yeux fermés pour tel ou telle.
Pas plus pour la présidentielle que pour les municipales le déterminisme électoral n'existe à mon humble avis.
L'aspect le plus intéressant du sondage, c'est le fait qu'il place l'emploi comme première préoccupation des Angevins. Cela est l'enseignement le plus intéressant. Bien sûr, ce n'est pas le maire qui crée les emplois, et si tel était le cas, cela se saurait. Mais c'est bien la politique municipale et l'infléchissement qu'on lui donne qui contribue à créer précisément la confiance, qui fait que les entrepreneurs, les créateurs d'emploi s'installent et investissent ou non en un lieu donné.
C'est dire si une politique municipale ne peut se contenter d'accompagner, de gérer ou de traiter socialement. C'est autre chose que l'on attend.
Certes, nous sommes loin de l'échéance. Et ce que ne dit pas un sondage, c'est la coupure pour le moment invisible entre la municipalité et les électeurs.
L'on dira que le problème n'est pas l'âge du capitaine, mais, quand même, la génération qui avait trente ans, quarante ans en 1977 devrait comprendre qu'il est temps de passer la main et d'accepter l'alternance.
Le danger qui menace, c'est la sclérose inhérente au maintien trop long au pouvoir.
C'ast précisément dans la prise en compte de ce besoin d'alternance et de jeunesse pour Angers que le vote centriste devra peser.
Il y a trente ans, le parti socialiste incarnait assurément le changement, le besoin d'air. Aujourd'hui, à Angers le socialisme municipal donne l'image de l'embourgeoisement et de l'absence de projet. On se contente de gérer l'acquis. Or, Angers, du temps de Jean Monnier avait su échapper à cette politisation des moeurs.
Les démissions récentes de Michelle Moreau et de Hervé Carré révèlent justement ce malaise.
Raison de plus pour proposer autre chose pour Angers. La ville a besoin d'autre chose que le conformisme néo bourgeois incarné par l'actuelle majorité municipale. On ne peut pas se permettre de balayer le débat sur le tramway et la question de savoir si il doit aller ou non à Belle-Beille, comme le fait le maire dans une revue locale bien en vue ces jours-ci dans les présentoirs des maisons de la presse et des kiosques à journaux. Bien sûr; le débat ne se limite pas à cela. Mais c'est un exemple révélateur de la façon dont on pense les projets.
Si le tramway ne doit être qu'un élément cosmétique ou un luxe pour bourgeois bohème qui peuvent se permettre de prêcher l'abandon de la voiture individuelle parce que leur niveau de vie leur permet tout à la fois d'investir en centre ville et de posséder 4x4 et tutti quanti pour s'évader à la mer ou à la campagne, de prôner le vélo alors que l'on a fort peu de trajet à devoir faire pour se rendre à son travail, alors, le tramway est parfait, et contentons-nous de le laisser passer par les beaux quartiers, musarder en centre ville à la vitesse de l'escargot.
Si l'on pense au contraire que c'est un élément de lien social entre les quartiers, le centre et la périphérie, un élément moteur de la vie économique, c'est un réseau de transport d'une toute autre ambition qu'il faut inventer. Et c'est l'interconnexion du tramway et d'un réseau de bus way qu'il faut penser. Le passage par Belle-Beille n'est que le premier geste d'une autre vision de la ville et des ambitions qu'elle se doit d'avoir.
Si l'emploi est le premier souci, cela veut dire que la priorité pour la prochaine municipalité, ce doit être le développement économique.
Dans ce contexte là, connaissant la sociologie de la ville, sachant que la ville n'est pas plus à gauche qu'à droite, c'est bien en fonction de cette ardente nécessité du développement économique alliée à une vision sociale authentiquement humaniste qui ne renie pas ses racines qu'il incombe de se positionner.
22:03 Publié dans MUNICIPALES 2008 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Elections municipales 2008, Angers, Christophe Béchu, Laurent Gérault, Jean Monnier, Jean-Claude Antonini, UDF




Commentaires
vos commentaires auraient d'autant plus d'interet si le modem ne s'était pas jeté dans les bras de l'UMP. J'ai voté bayrou au 1 er tour car j'étais, et je suis toujours convaincu par son discours. Or je constate, avec tristess que le centre angevin n'a pas évolué au même rytme que la pensée de bayrou. Il est pour moi inconcevable que le modem s'allie si rapidement avec l'UMP de sarkozy. Je rejette profondemment cette alliance. Je ne sais pas encore pour qui je voterai en mars prochain et beaucoup d'amis centristes angevins comme moi se posent encore la question mais nous avons trouvé insultant pour le mouvement que Gérault se rende à l'UMP tel un bourgeois de calais . Gérault est jeune et pourtant il agit comme les vieux politique sde notre département et de cela nous sommes vraiment navrés
Ecrit par : Le bon | 08.11.2007
Oh oh ! C'est 58% pour Antonini et pas 52% : ça change toute votre analyse. 16 points, c'est un trop gros handicap à remonter. Je suis surpris de voir que malgré cette mesure objective, vous continuiez à mettre en avant l'usure et l'âge du maire : c'est de l'acharnement et de l'ordre de la prophétie autoréalisatrice. Vous essayez de vous convaincre mais rien n'y fait
Ecrit par : Laurent | 08.11.2007
En réponse à Le Bon
Je récuse absolument l'idée que le partenariat entre Christophe Béchu et Laurent Gérault puisse être qualifié d'alliance avec l'UMP de Sarkozy. Pour au moins deux raisons, la première est que le Président de la République n'a rien à voir là dedans, la deuxième, c'est que le partenariat a été conclu avec Christophe Béchu, donc pas avec un mouvement politique.
Cessons de diaboliser, car à l'UMP, comme partout il y a des gens estimables, prêts à se dévouer pour leur ville. Va-t-on leur reprocher d'appartenir au parti dont est issu le Président de la République.
N'allez pas croire que l'UDF a décidé sans réfléchir, ni délibérer. C'est faire un procès d'intention que de laisser croire le contraire.
Permettez de renverser votre raisonnement: la démarche de Bayrou n'implique pas une alliance automatique avec le PS.
La chose - impossible pour les raisons que nous savons sur Angers - Si tel avait été le cas, auriez-vous parlé d'alliance rapide avec le PS de Royal...? C'eût été absurde en effet de le dire.
Maintenant, si certains "centristes" veulent jouer la politique du pire, en reconduisant pour six ans de plus Antonini, il ne faudra pas venir s'en plaindre. Je n'aurai dans ce cas qu'un conseil à donner, celui de se peindre en rose et de prendre bien vite une carte du PS. Voilà pour la polémique. Je clos là ce chapitre.
Cependant, vous blâmez Gérault d'avoir conclu un partenariat avec Béchu. C'est votre droit. Souffrez cependant que je le transforme en éloge, car, nos pères fondateurs, Jean Sauvage, Hubert Grimault auraient agi de la même façon, et c'est donc plutôt un motif de fierté d'avoir repris leur flambeau.
Maintenant, je ne vois pas pourquoi sur ce blog, qui est personnel, je masquerai ma préférence de voir un jeune à la mairie d'Angers. Je ne vois pas pourquoi je cacherai la sympathie que m'inspire la candidature de Laurent Gérault et Christophe Béchu. Le centre et la droite humaniste ont su trouver des leaders jeunes. Le PS fait le choix de la fossilisation et de la stagnation. C'est son affaire. Seulement, on voit ce que ça donne : l'ouverture initiée par Jean Monnier reléguée au cabinet des antiques, et qui se solde pour le moment par deux démissions fracassantes, celle de Michelle Moreau, et celle d'Hervé Carré, une majorité fissurée au conseil municipal et au conseil d'agglomération. D'ici peu, les fissures seront des lézardes béantes. Je ne suis pas devin, mais d'autres démissions lors des prochains conseils municipaux ne me surprendraient pas.
Ecrit par : philippe | 08.11.2007
en réponse aux commentaires de Le Bon et de Laurent.
Bien sûr, je me suis trompé dans les chiffres. Mais, je n'ai guère la religion des chapelles et des prie Dieu sondagiers.
1 point de sondage, c'est cinq personnes sur un échantillon de 500, donc avec les effets statistiques de la loi des grands nombres, et le paramètre imprévisible du secret du vote. On ne peut pas savoir.
En une époque où l'on parle tant de cumul des mandats, il faudrait peut-être aussi parler du cumul dans le temps. Il ne serait pas saugrenu, par exemple de limiter à deux le nombre de mandats consécutifs de maire de grande ville ou de président de région, à 4 le nombre de mandats de président de conseil général (soit en tout pas plus de douze ans consécutif à la tête de l'exécutif). De même devrait-on pouvoir interdire le cumul d'une mairie de ville de plus de 100000 habitants et le fait de siéger à l'exécutif d'une région ou d'un département. Cela aurait évité de vivre la crise que nous avons connue à Angers et révélée par Hervé Carré dans son livre récemment publié où l'administration municipale a certainement pâti du cumul par Antonini de trois fonctions, la mairie d'Angers, la présidence d'Angers-Métropole, et la vice-présidence de la Région des Pays de Loire. Jean Monnier avait me semble-t-il quant à lui sagement quitté le conseil général quand fut mise en place la communauté d'agglomération.
Ecrit par : philippe | 08.11.2007
on est bien d'accord sur l'affaire des cumuls et encore, je trouve vos ambitions plutot modestes en la matière. Par contre, c'est vous qui évoquez une alliance avec le PS, pas moi. Un modem fort au premier tour aurait plus de poids pour négocier entre les 2 tours et croyez moi, un modem indépendant au 1er tour sur angers, ça pèse lourd. Plutot que d'aller à Canossa . .. Vraiment, je considère et je suis loin d'être la seule, qu'il s'agit là d'une faute politique grave uniquement guidée par des ambitions personnelles. Vu mon age, j'ai peur que ce soit un éternel regret.
Ecrit par : Le bon suzanne | 08.11.2007
Je n'ai évoqué d'alliance avec le PS que comme hypothèse de raisonnement par l'absurde.
Par contre, je ne crois pas que le Modem eût été en capacité de négocier entre les deux tours.
Je crois au contraire que bien des électeurs de sympathie centriste de droite auraient joué la sécurité en votant Béchu dès le premier tour, ne laissant ainsi que des miettes pour une fusion des listes au second tour.
Il était clair à ce moment là qu'une liste indépendante au premier tour impliquait la quasi certitude d'aller ensuite négocier le plat de lentilles avec Antonini, et c'était retomber sur l'hypothèse exclue d'emblée.
Qu'on se le dise, la liste concoctée par Laurent Gérault, et Christophe Béchu, qui ne seront pas seuls dans l'aventure, sera ouverte, paritaire, et plurielle... En tout cas, je suis prêt à parier que tout compte fait, il y aura peut être plus d'encartés Modem-UDF que de d'UMP...
Et, il y aura sans aucun doute des surprises, au delà de ce que nous pouvons imaginer.
Enfin, ayant défendu, ce qui n'est pas un secret, l'hypothèse du partenariat avec Béchu dès avant le 1er tour, je n'ai pas l'impression ni d'être allé à Canossa, ni de m'être comporté en bourgeois de Calais, pas plus que les compagnons de la section qui ont privilégié cette optique.
Certaines alliances pour le bien futur de la ville impliquent peut-être que l'on mette sous le boisseau l'amour propre.
J'aurais assurément été l'un des premiers à vouloir une liste dont le premier nom fût celui de Laurent Gérault. Si la logique de l'ambition ou de la vaine gloire nous avait guidés, c'est celle-ci que nous aurions suivie... Mais l'UDF, à laquelle je suis fier d'appartenir, n'a pas fait ce choix, et a soyez en persuadée, bien pesé son choix.
Nous savions que très vite après la rentrée nous aurions à choisir, pour la simple raison qu'on ne fait pas une campagne électorale seulement deux mois avant les élections.
Enfin, et c'est là une opinion toute personnelle, je préfère un partenariat négocié dans la clarté dès avant le 1er tour, que des manoeuvres nocturnes au coin d'une table d'officine politique entre les deux tours.
Ecrit par : philippe | 08.11.2007
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