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03.10.2007

UN TRAMWAY NOMME DELIRE

Voici un lien pour consulter un article fort intéressant.

http://www.consultram.org/spip.php?article22

N'est-il pas étonnant que l'heure de vérité que sont les élections se rapprochant de plus en plus, l'actuel maire d'Angers reconnaisse un péché jusque là inavouable, à savoir que le choix du tracé répondait non pas à un choix intelligible, mais éminemment politique, sur arrière fond d'un deal avec - horresco referens - le député-maire d'Avrillé, par ailleurs président de l'Ump départementale etc...

La preuve, on commence par ... le centre de maintenance, que l'on campe ... devinez-où ? A Avrillé évidemment, car se dit-on, pour mener les tramways en leur nocturne bercail, il faudra bien une voie, et donc, vraiment, il est juste et digne, équitable et salutaire (vere dignum et justum est, aequum et salutare...ça doit rappeler des souvenirs aux anciens)de faire partir la première ligne d'Avrillé, et peu importe que les besoins criants sur le trajet Belle-Beille - La Roseraie, voire sur l'axe Trélazé-Monplaisir avec possibilité de bifucation vers les Ponts de Cé et/ou Saint Barthélemy d'Anjou, et de prolongement vers Saint-Sylvain d'Anjou/Ecouflant depuis Monplaisir ne puissent caresser l'espoir d'être satisfaits qu'aux calendes grecques ou au retour des coquecigrues.

Mais peut-être avions-nous la naïveté de croire que le Tramway devait contribuer au lien social, à la mobilité des étudiants et des jeunes qui quotidiennement empruntent la ligne 1 depuis le campus universitaire. L'on pensait qu'une municipalité socialiste pourrait y avoir pensé.

Mais non. Et peu importe qu'Angers soit la première ville française dont la première ligne de tramway ne dessert pas le campus universitaire ni du reste la zone franche de Belle-Beille.

Le mot socialiste n'aurait-il qu'un lien de fausse étymologie avec social? On se le demande, car, quand on regarde les choses avec le point de vue du Persan cher à Montesquieu, on s'étonne un tantinet.

Car dans ce dossier du tramway, on ne nous a pas tout dit.

En particulier, il est à peu près certain que le financement de la deuxième ligne est impossible car les coûts prévisibles de construction de la première ligne ont largement dépassé les calculs des estimations premières, et les recettes tirées de la taxe patronale pour le transport sont à leur taux maximum, et que celui-ci ne peut être augmenté. Alors qui paiera? Il faut d'ores et déjà s'attendre à une hausse du coût du ticket, et comme le prix du ticket sera le même que l'on monte dans le tramway ou le bus, ce sont les usagers du bus qui pour certains ne monteront jamais dans le tramway qui paieront, ou alors ce seront les impôts qui augmenteront. Comment faire alors que le potentiel fiscal de la ville est nettement inférieur à celui d'agglomérations de taille comparable.

Reste la pensée magique. Certes, l'on dit bien en cours de droit fiscal fiscus semper solvendus censetur, le trésor public est toujours réputé solvable, mais, en l'occurrence ici il s'agit des habitants d'Angers à qui l'on se propose de faire payer au prix fort un caprice politique.

En cet exemple comme en d'autres, on touche à l'absurdité qui consiste à payer cash des investissements à long terme pour cinquante ou soixante ans. Certes, dira-t-on, Angers n'est pas endettée, mais payer cash des équipements durables c'est au détriment de la politique sociale, du soutien à l'activité économique, et c'est obérer le pouvoir d'achat des angevins, y compris les locataires de logements sociaux dont les bailleurs doivent récupérer d'une manière ou d'une autre la taxe foncière qui est anormalement haute. Alors que la situation sociale et économique d'Angers imposerait au contraire un effort en terme de pression fiscale.

Qu'on se le dise haut et fort, il est parfaitement possible de réorienter les choix initiaux et en particulier le tracé de la première ligne de tramway. Si le tracé La Roseraie Centre Ville, à condition de passer par les boulevards et non pas par le Ralliement et la rue de la Roë, ne pose pas de problème, à condition de conserver aussi la passerelle piétons de l'avenue Winston Churchill qui constitue un avantage incontestable en terme de sécurité pour les piétons, en revanche ne serait-il pas plus judicieux de couvrir intégralement les voies sur berge dans leur tracé urbain, d'une dalle suffisamment solide pour supporter le passage du tramway, qui passerait ensuite par le pont du château, le boulevard du Bon pasteur, l'avenue Patton, le campus universitaire, avec pourquoi pas à terme un prolongement sur Beaucouzé.

Car bien entendu, ce n'est pas parce que l'A 11 passera hors du centre-ville, qu'il faut se dire que la circulation sur la voie des berges diminuera de façon si sensible. Tout au plus sera-elle décongestionnée aux heures de pointe. Toujours est-il qu'elle répond parfaitement à sa vocation qui est celle d'une pénétrante rapide, permettant de traverser la ville de part en part, sans croiser de piétons ni de cyclistes. En réduire l'emprise à simplement une voix dans chaque sens serait au contraire le meilleur moyen de créer une asphyxie irréversible. Elle est comparable à l'aorte d'un organisme, or si l'on en réduit la taille, l'écoulement ne se alors fait pas et c'est l'embolie, et la mort.

A priori il n'y a pas de lien avec le tramway, mais faire passer celui-ci au niveau des quais de la rive gauche, au dessus des trémies sur une dalle aménagée pour les cyclistes et les piétons consacrerait du même coup la pérennité en l'état de la voie des berges. Ce serait fort dommage de se priver d'une voie qui pour une fois fut vraiment conçue pour l'automobile.

C'est étonnant que parmi les édiles qui ont arrêté ce funeste plan on ne l'ait pas compris. Notre futur maire honoraire, devenu premier magistrat de la ville, se serait-il baigné dans je ne sais quel Léthé (dans la mythologie antiquefleuve de l'oubli dans lequel se plongent les âmes avant de se réincarner) qui lui aurait fait perdre le souvenir de ce que dans une vie antérieure il fut pourtant médecin.

 

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