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29.08.2007

NECROLOGIE

L'été qui s'achève a vu disparaître deux figures marquantes de la vie publique française : le Cardinal Lustiger, archevêque émérite de Paris, et Raymond Barre, ancien premier ministre, ancien député-maire de Lyon.

Chacun dans son domaine a marqué de son empreinte la vie publique française.

Le Cardinal Lustiger fut l'un des principaux artisans d'un renouveau de l'expression publique des Catholiques français. Son intuition de ce que la nouvelle évangélisation passe par la culture fut prophétique et n'allait pas de soi lorsqu'il fut appelé à succéder au Cardinal Marty. Comme on reconnaît l'arbre à ses fruits, il suffit de constater la vitalité du diocèse de Paris. La démographie n'explique pas tout, et le fait que chaque année une dizaine de jeunes prêtres, le plus souvent de haut niveau intellectuel soit ordonnés pour le diocèse de Paris est assurément le signe du bien-fondé des intuitions du défunt Cardinal.

Son autre mérite est d'avoir contribué à la réconciliation judéo-chrétienne. Alors que périodiquement l'antisémitisme refait surface en France, le Cardinal Lustiger était là pour porter la voix courageuse de l'Eglise Catholique. Assurément, le Cardinal a oeuvré pour la purification de la mémoire des sombres années. Sans la repentance de l'Eglise de France, peut-être n'y eût-il jamais eu de repentance de la République elle-même.

Le Cardinal avait parfaitement compris que la laïcité ne devait pas conduire l'Eglise de France à être l'église du silence, du repli complexé et frileux. Sa mémoire mérite l'hommage qui lui est dû.

Raymond Barre appartenait à cette catégorie des grands serviteurs de l'Etat pour qui le devoir primait en tout. C'est une figure centriste historique qui vient de disparaître et dont la rigueur économique est une leçon à méditer pour qui exerce les plus hautes fonctions ou aspire à les exercer.

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