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27.08.2007

Propos de rentrée

Après ce silence estival pour cause d'évasion en des lieux ne disposant pas de connexion internet, je me décide à reprendre la plume pour quelques propos acides:

La presse bien-pensante de la gauche du même nom ne nous a pas épargnés cet été. Pouvait-on faire mieux en matière d'ignominies. Loin de se réjouir de la libération des infirmières bulgares condamnées à mort pour avoir été accusées d'avoir inoculé le virus du SIDA à des enfants libyens qui l'ont en réalité contracté dans des hôpitaux dont l'hygiène aléatoire ne les mettait pas à l'abri d'une contamination certaine, voilà que la gauche qui une fois de plus oublie que son arrogance lui a coûté trois fois de suite la présidence de la république s'en prend aux conditions dans lesquelles ces infirmières ont été libérées allant jusqu'à suspecter le rôle de Cécilia Sarkozy dans cette transaction. Or il s'agit d'innocentes condamnés à mort. Et cela on l'oublie, tellement c'est plus grisant, faute d'accepter le verdict des urnes et d'examiner avec honnêteté et sans complaisance les vraies raisons de la défaite, de suspecter la moindre initiative présidentielle et de jeter l'opprobre sur ses résultats.

La libération des infirmières devrait au contraire inciter à une joie sans mélange. De celle-ci, pas un écho. Les familles d'icelles apprécieront. Cela dit, avec une gauche qui fait l'éloge de la justice chinoise et de la rapidité avec laquelle elle expédie dans l'autre monde les coquins qui en infestent la surface, il eût été peut-être plus vertueux que ces infirmières subissent le martyre. A côté de cela, les rodomontades pseudo constitutionnelles sur l'opportunité ou non pour Cécilia Sarkozy de venir s'expliquer devant la commission des affaires étrangères du parlement sont de bien petites arguties. La libération des infirmières est l'épilogue heureux de ce qui fut au départ une tragédie, et si la France peut s'énorgueillir d'être pour si peu que ce soit dans cet heureux dénouement, il n'y a pas à en bouder la fierté. Si cette libération constistuait l'un des préalables au dégel des relations avec la Libye, pourquoi s'en plaindre?

Sur un autre sujet, voici un élément qui devrait inciter les députés de gauche à y réfléchir à deux fois avant de déférer les lois au conseil constitutionnel. Comme chacun le sait, les sages ont censuré la disposition qui instituait à titre rétroactif la déductibilité des intérêts des emprunts immobiliers. Tout a été dit et son contraire sur ce sujet. Que cette disposition fût dangereuse en l'état actuel pour les finances publiques ne revient pas à dire qu'elle est pernicieuse en soi. Une fois de plus, les députés socialistes oublient les classes moyennes, et plus particulièrement les moins fortunés de ses représentants pour qui la constitution d'un patrimoine immobilier pendant la vie active est un rempart contre la diminution des revenus à l'âge de la retraite. De plus, un tel dispositif existait déjà par le passé, dans les années 75 me semble-t-il, et il doit bien y avoir quelques députés de gauche signataires du recours en inconstitutionnalité à en avoir bénéficié. C'est trop facile une fois qu'on a constitué son patrimoine de venir donner des leçons. Et cela n'est pas moral non plus. Que l'on aille pas dire que ce faisant en critiquant les mesures fiscales on défende la justice sociale.

En lieu de tout cela, et alors que en remontant jusqu'à l'année n- 5, la déductibilité permettait de tenir compte du surcroît d'endettement des ménages qui ont acheté alors que le marché immobilier remontait en flèche, que nous prépare-t-on, une déduction plus importante pour ceux qui auront acheté après la promulgation de la loi. Où est la justice sociale dont se prévalent ses beaux messieurs et ses belles dames de la gauche bien pensante, celle qui lorsque c'était son temps a bien su profiter de l'abondance et qui ne comprend pas que les plus jeunes aujourd'hui, dans un contexte nettement moins favorables puissent récupérer quelques miettes du gâteau.

Nous l'avons assez dit pendant la campagne électorale, la gauche porte une écrasante responsabilité dans la victoire de Nicolas Sarkozy, par le simple fait d'avoir présenté une candidate de l'illusion et du cynisme particulier que confère l'ignorance.

Les puissances de l'argent et des médias, où l'intimité entre gauche caviar et droite d'affaires est ce qu'elle est, ont fabriqué l'illusion que Ségolène Royal pouvait battre Sarkozy. Cette illusion était le seul ingrédient pour imposer sa désignation, et l'on a vu ce que cela donnait. Et la gauche a préféré la fuite en avant dans la politique du pire. Le bruit médiatique autour du supposé impératif démocratique qui voulait que le second tour opposât forcément Sarkozy et Royal a fait le reste.

Cependant la différence entre le centre et la gauche est que l'on ne va pas chercher dans son propre parti les traîtres et les félons. La différence entre le centre et la droite est que que l'on ne fait pas l'ouverture sans l'avoir dit au préalable.

Nicolas Sarkozy est président jusqu'en 2012, et il est malhonnête après avoir joué à quitte ou double d'agiter maintenant l'épouvantail ou de jouer les prophètes de malheur.

Seul un travail au quotidien dans les quartiers et les villes pourra, par le biais des élections locales, constituer le maillage d'élus locaux qui le moment venu participeront à la rénovation de la représentation nationale.

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