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23.06.2007

PEUT-ON FAIRE CONFIANCE A SEGOLENE ROYAL?

La semaine qui vient de s'achever aurait-elle remis Ségolène Royal sous les feux de la médiatisation?

Après les aveux de la soirée du 17 juin 2007, Ségolène Royal livre tout de go qu'elle a défendu à son corps défendant des propositions électorales, pourtant mandat de son parti, auxquelles elle ne croyait pas.

L'on peut disserter sur le caractère démagogique du SMIC à 1500 € comme d'autres propositions. L'on peut douter de leur infaisabilité économique.

Le projet électoral de François Bayrou, parce qu'il a replacé au premier rang le parler vrai l'a assez montré.

Cependant, lorsque l'on est candidat, l'on défend des valeurs et un projet ainsi que des convictions que l'on propose au peuple qui lui choisit.

Ce que l'on attend d'un candidat, c'est la sincérité, la conviction dans ses propositions qui seule crée les conditions d'un débat véritablement démocratique.

Or Ségolène Royal avoue tout simplement ne pas croire aux propositions qu'elle a pourtant défendues. Et c'est là proprement sidérant. Si ce n'est pas pas pour défendre un projet, porter des propositions, affirmer des convictions qu'elle s'est présentée devant le peuple, c'est pourquoi?

La raison de la candidature ne serait donc pas dans la sincérité d'un engagement. Si elle n'est pas là, c'est qu'elle est ailleurs. Par exemple dans l'assouvissement de désirs personnels frustrés, dans l'instrumentalisation du politique au service d'autres fins comme par exemple le réglement par ce biais là de conflits interpersonnels d'une autre nature.

Ainsi donc, Ségolène Royal aurait utilisé sa candidature, instrumentalisé médias, militants et opinion publique pour un meurtre politique: empêcher le premier secrétaire du PS, accessoirement son compagnon, de se présenter.

Une telle attitude, surtout lorsqu'elle se drape dans les oripeaux d'un ordre moral suranné, flirtant dangereusement avec les fantasmes sécuritaires de l'extrême droite, n'est pas digne d'estime et ne mérite qu'opprobre et réprobation.

Ségolène Royal n'a donc tout simplement pas de leçons à donner à quiconque. Son récent passé de ministre, son comportement avec ses collaborateurs remerciés dans les conditions que nous savons n'en faisaient pas une candidate crédible.

Les aveux sidérants sur les propositions électorales en entament sérieusement la respectabilité et la légitimité.

Tout ceci serait pathétique s'il ne s'agissait pas de la noble cause de la chose publique.

Pour avoir qualifié Ségolène Royal pour le second tour, nous savions que nous offrions du même coup les clés de l'Elysée à Nicolas Sarkozy. Que se taisent désormais les donneurs de leçon pour qui une telle configuration de second tour représentait un impératif démocratique.

Disons tout simplement que si nous voulons dès aujourd'hui un décennat sarkozyste, il suffit que Ségolène Royal annonce sa candidature pour 2012 et que les socialistes restent dans leur torpeur devant cet abîme de malhonnêteté.

Si l'on veut éviter la réitération de la campagne des dupes de 2007, c'est un centre uni et fort qu'il faut construire, capable d'affirmer son indépendance tant vis-à-vis de la gauche que de la droite. Sans s'engager a priori dans des alliances contre-nature.

A ceux qui rêvent après coup d'un axe Bayrou-Royal, disons-tout net que Bayrou n'aurait pas fait son score du premier tour et aurait atteint simplement 12%. L'abstention, le vote nul, le transfert des voix socialistes sur la gauche auraient annihilé le gain des voix apportés par une alliance de circonstance ne reposant sur rien, et que cela eût pu au contraire créer les conditions d'une élection dès le 1er tour de Nicolas Sarkozy.

Pas plus que dans une inféodation à la droite, le salut du centre ne passe par un engloutissement consenti dans une gauche décrédibilisée.

Les alliances seront celles que tout simplement nous serons en capacité d'imposer.

 

 

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