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18.06.2007

APRES LE DEUXIEME TOUR

Voici quelques réactions à chaud après ce second tour.

Tout a été dit ou presque. Le tsunami bleu ne s'est pas produit. L'on admirera la magie étonnante qui finit par faire du vaincu un vainqueur parce que ce n'est pas la bérézina.

L'UMP a moins de députés qu'en 2002. C'est très bien. Devons-nous nous réjouir pour autant d'un PS à 200 élus qui pratiquera l'opposition frontale? Un PS que son premier secrétaire souhaite voir s'étendre de la gauche de la gauche au centre. Après l'UMP qui la première a tenté de bouffer le centre sur la droite, le PS prétend faire la même chose sur la gauche.
Qu'ont fait les centristes pour attirer tant de convoitise ou plutôt de désir de les phagocyter?

Qui ne voit que annexé sur sa gauche comme sur sa droite le centre ne peut-être lui-même?

Le mode de scrutin n'avait permis le maintien au second tour que pour peu de candidats de l'UDF. 5 sont élus, François BAYROU, Jean LASSALLE, Thierry BENOIT, Jean-Christophe LAGARDE, et un député de Mayotte dont j'ignore le nom.

Félicitations à tous les cinq. Vous représenterez vos circonscriptions, mais aussi toute l'énergie du Modem.

L'autre événement de la soirée est évidemment l'officialisation de la séparation de Ségolène Royal et de François Hollande.

Peut-on parler d'affaire privée quand précisément la candidature de la première et les ambitions réfrénées du second créaient les conditions sinon d'un collapsus politique, du moins d'une nécessaire clarification au cas où Ségolène Royal aurait été élue présidente.

L'on comprend mieux les circonlocutions évasives de Hollande refusant de répondre aux questions concernant une possible nomination ministérielle. Concubin notoire de la présidente, la chose eût été inouïe. Gageons simplement que la question ne se serait même pas posée. Les liens privés créent une incompatibilité dès lors que sont enjeux des intérêts liés à l'exercice de l'un des pouvoirs que délègue la république. Dans sa sagesse le code de procédure pénale dispose que des magistrats mariés ne peuvent pas exercer simultanément certaines fonctions incompatibles au sein d'une même instance judiciaire. La coutume dispose qu'il en est de même lorsqu'il s'agit du gouvernement. Il n'est pas convenable que le conjoint du président soit ministre. Impensable s'agissant d'Yvonne de Gaulle, Claude Pompidou, Anne-Aymone Giscard d'Estaing, Danielle Mitterrand ou Bernadette Chirac, eût-il été convenable qu'en cas d'élection de sa désormais ex-concubine, François Hollande acceptât une promotion ministérielle.

L'élection de Nicolas Sarkozy fait que ce scénario relève de la fiction. Mais a posteriori l'on peut se demander si les Français auraient eu droit à la vérité.

La vie intime et privée n'est pas en jeu. Couple moderne ou pas, marié ou en concubinage notoire, un couple de personnalités politiques vit d'une certaine manière publiquement. Sauf à instituer la rouerie politique en morale d'action on ne peut et utiliser complaisamment les média quand on les juge indispensable à son auto-promotion et leur reprocher d'évoquer les aléas d'une vie privée que l'on a pourtant choisi d'exhiber à des fins politiciennes.

Rétrospectivement, la campagne présidentielle apparaît donc comme un vaudeville bourgeois où pour ne pas nuire à des ambitions d'un égo, on joue la comédie des apparences. Les Français méritent autre chose. Il y a dans l'attitude de Royal et Hollande comme une forme de mensonge à la France, même si d'autres ont largement contribué à la tartufferie ambiante en se faisant complice de cette comédie de dupes sur le dos des Français maintenus dans l'ignorance alors qu'eux savaient.

Alors dans ces conditions, l'annonce de ce secret de Polichinelle en pleine soirée électorale, même si le moment n'est peut-être pas très idoine, a eu au moins pour mérite de mettre un terme au vaudeville. Les Français seraient-ils un peuple si peu important pour qu'on acceptât de le tenir dans l'ignorance?

L'attitude de Ségolène Royal et de François Hollande ne m'inspire guère la sympathie, ce d'autant plus que le procès d'intention fait aux auteurs de la Femme Fatale révèle a posteriori une certaine forme de cupidité. Gageons que dans sa sagesse la Justice ne sera pas dupe.

Enfin, que dire des exposés des motifs, où une fois de plus l'on reprend les pire poncifs de la comédie larmoyante: le mari volage, sommé par son épouse bafouée de quitter le domicile conjugal , contrainte au devoir de vérité au nom de je ne sais quoi dû à ses enfants. Au fait, Ségolène Royal, qui naguère fut si prompte à rappeler que les enfants se font et s'élèvent à deux, dit "mes enfants", comme si dans l'énonciation-même le père était nié. Il ne manque plus pour couronner cette veule pleutrerie que le constat d'adultère. C'est donc cela le couple moderne! L'égalité tant revendiquée n'a plus d'intérêt dès lors qu'elle ferait perdre toute velléité de victimisation.

Une fois de plus, par intérêt politicien bien compris, un homme et une femme politiques du PS ont menti au pays, parce que cela servait leur vil calcul électoraliste. Comme bien des choses, l'ordre juste est d'abord celui qu'on applique à soi-même. Tu ne mentiras pas. Tu ne convoiteras pas la femme (ou le mari) d'autrui.

Les tartuffes de la pensée unique tiendront tout cela pour peccadille, bien qu'étant au nombre de ceux qui critiquèrent naguère Nicolas Sarkozy et les viccissitudes de sa vie conjugale. Ce qui pour un homme ou une femme de gauche n'est qu'une péripétie existentielle est vite imputé à crime s'agissant d'un homme de droite. La pensée unique a en effet pour corollaire la morale à géométrie variable.

Tout cela serait sans importance si malheureusement n'était en jeu la moralité d'une candidate à la présidence de la république.

En ce sujet, comme en tant d'autres, la candidate n'a pas été sincère durant le temps de la campagne. Comment s'étonner après de ce que la rumeur fasse son oeuvre?

A la place d'un militant socialiste lambda, je me sentirai victime d'un abus de confiance.

 

 

 

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