07.04.2007
Propos scandaleux de Sarkozy - Silences coupables de Ségolène Royal
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Avec les récents propos de Nicolas Sarkozy, nous assistons à la préoccupante résurgence des thématiques sur l'hérédité qui constituaient le fond de commerce d'un certain courant de la criminologie.
Ces idées monstrueuses selon lesquelles le devenir de l'individu est entièrement programmé dès sa naissance sont révoltantes.
C'est tout simplement nier toute possibilité de liberté, de responsabilité et aussi d'éducation et osons le dire de rédemption.
On ne nait pas criminel ou pédophile, mais hélas trois fois hélas, on le devient. Mais cela n'a rien d'une destinée inéluctable, génétiquement programmée, ou dirigée de manière occulte par des forces qui nous dépassent.
La réalité est hélas beaucoup plus compliquée, et le milieu dans lequel on vit, la chance qui est donnée par l'existence ou que diverses barrières rendent inaccessibles, que les carences éducatives hypothèquent lourdement, font que le libre arbitre de l'individu est singulièrement mis à mal. Cela n'exonère pourtant pas de toute responsabilité.
Nicolas Sarkozy a choisi une fois de plus le registre de la provocation en évoquant la pédophilie. C'est agiter ce qui aux yeux d'une opinion publique parfois gavée d'irrationnel représente le crime absolu.
Nous voyons à présent quelles graines nuisibles voici maintenant dix ans Ségolène Royal a semées, quand dans sa croisade anti-pédophile elle en voyait un dans presque chaque enseignant de sexe masculin. Cela procède de la même logique, celle qui consiste à prendre une partie de l'humanité pour bouc émissaire, et à force d'amalgame et de populisme éviter de poser les questions qui dérangent: comme celles du suivi de certains profils criminels, la protection de l'enfance, une saine éducation sexuelle qui ne soit ni la pornographie sans limites, ni la pudibonderie d'une autre époque.
Du reste, Ségolène Royal est bien en peine pour répondre à son rival sur ce thème, et s'en rapporte maladroitement aux "spécialisttes". Or, en refusant de répondre aux déclarations insensées de Sarkozy, Ségolène Royal accrédite implicitement l'idée que tout compte fait, celui-ci pourrait avoir raison, et que, tout bien pesé, elle pense la même chose, mais ne peut le dire par opportunisme politique.
Comme Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal appartient à ce milieu étrange, qui cultive la haine de la raison, et qui fait du darwinisme social le terreau de son action politique. Attendons un peu, et on va les voir revendiquer l'héritage d'Alexis Carrel, qui fut, rappelons-le, l'un des théoriciens de l'eugénisme de la première moitié du 20ème siècle. Ni l'un ni l'autre ne croient que l'éducation, le développement social et médical peuvent avoir un effet curatif. Leur seule motivation n'est donc que l'appétit concupiscible pour le pouvoir, le sot désir de vaine gloire, qui va de pair avec l'exacerbation outrancière d'un caractère égocentrique hypertrophié qui laisse posée devant le peuple français la question de leur aptitude à l'exercice de la plus haute magistrature.
Outreau et son cortège d'absurdie judiciaire n'ont pas suffi.
Le procès hors-norme d'Angers, dont l'instruction préparatoire est un modèle du genre, tenu voici deux ans et au cours duquel furent prononcées de lourdes mais justes peines pour les plus coupables, et des peines mesurées, voire symboliques pour ceux que l'amoralité groupale avait contraints au silence devrait inspirer à Nicolas Sarkozy comme à Ségolène Royal de plus saines réflexions.
Le discours de stigmatisation inauguré par Ségolène Royal voici dix ans, relayé et aggravé aujourd'hui par Nicolas Sarkozy reproduisent exactement les discours des années trente qui accompagnèrent la montée des totalitarismes.
Ce n'est pas parce que le crime est abject que toute part d'humanité, donc de responsabilité, et de foi en la rédemption, si ténue parfois soit elle, doit être refusé au criminel.
En ces jours du triduum pascal, où nous chrétiens, nous célébrons la mort et la résurrection de Jésus qui a pris sur lui tout le péché du monde pour nous en libérer, osons nous départir des discours de haine.
Nous qui avons la chance par notre éducation, notre culture, les valeurs qui fondent notre vie, notre foi religieuse pour certains, ayons aussi l'humilité qui consiste à reconnaître en nous notre frère d'ombre, notre soeur d'ombre, notre humanité sombre. Les chances, les grâces que nous avons reçues font que nous les maintenons enchaînés comme on doit enchaîner les démons. Mais reconnaissons, que sans tout cela, peut-être notre face sombre eût triomphé, et nous eût entraîné vers le pire.
Non Monsieur Sarkozy, non Madame Royal (car dans la banalisation de ces discours, vous portez aussi depuis longtemps votre responsabilité), nous ne naissons pas criminels, nous ne naissons pas pédophiles.
C'est l'éducation reçue, l'insertion stable dans la société, des fréquentations sociales épanouissantes qui font que nous ne le devenons pas.
Nous ne le sommes pas devenus. Mais un instant de lucidité, vertigineuse, certes, quand, contemplant sans fard ni faux semblants notre visage sombre, nous pousse à concéder, que si nous n'avions pas eu d'éducation, de culture, de milieu porteur, de circonstances de vie favorables, peut-être aurions fait mauvais usage de notre liberté humaine.
Il n'y pas d'un côté les purs, que je ne sais quoi prédestinerait à jamais du crime et de l'abjection, et les réprouvés, que leur naissance même damnerait à jamais.
Il y a simplement l'humanité, créée libre et responsable, capable du pire, mais aussi du meilleur.
Rappelons-nous qu'après la confrontation aux horreurs absolues de la seconde guerre mondiale, nous n'avons pas le droit de dire n'importe quoi.
Il n'y a pas de monstres dans l'humanité. Cela c'est le discours du paganisme, qui croit que le sacrifice propitiatoire ou expiatoire rétablit l'ordre juste des choses. Il y a des hommes créés libres, et l'amour divin, qui est parfait, est le seul qui accepte de prendre le risque d'être refusé ou trahi. Même en celui que la justice des hommes a sévèrement chatié, il y a place pour la lumière de cet amour divin.
Dans le discours de stigmatisation et de rejet des franges d'ombre de l'humanité, il y a un substrat de néo-paganisme incompatible avec les valeurs chrétiennes de la démocratie centriste.
Nous ne revendiquons pas un parti confessionnel, mais nous n'avons pas honte de l'existence de nos convictions de chrétiens dans la cité, mais il n'y a pas à mettre sous le boisseau les valeurs qui sont celles de la démocratie chrétienne.
Face à la résurgence de ces propos glaçants, sortis du ventre hélas encore fécond de la bête immonde, laissons nous gagner par l'amour divin du Christ qui a tout donné jusqu'à la mort.
C'est aujourd'hui le samedi saint, sachons accepter de mettre aussi au tombeau les penchants de haine et de rejet de tout ce qui n'est pas la norme. La haine aussi peut se purifier, se métaboliser quand elle prend le chemin du pardon, de la réconciliation et de l'humanisme. Même s'il y faut du temps, et de l'énergie. Ce qui est assurément plus difficile que de décréter d'une bonne fois pour toutes qui est du bon côté et qui n'y est pas.
09:10 Publié dans La Campagne au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Pédophilie, Ségolène Royal, Outreau, coupable, responsable, menteuse




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